FOIN 2021

Foin 2021

Réussir la récolte de foin annuelle est un enjeu majeur de la vie de l’élevage, car un foin de qualité et appétent est essentiel à la bonne santé des alpagas.

L’idéal est de pouvoir produire son propre foin, pour maîtriser la qualité, s’assurer de l’absence de plantes toxiques comme le séneçon, et connaître les intrants utilisés :  à KerLA environ 6ha de prairies naturelles sont fauchés chaque année, les seuls intrants sont le fumier des alpagas composté et épandu tous les deux ans (sur les parcelles réservées au foin), et de la chaux sur les parcelles pâturées, pour atténuer l’acidité des sols.

Stockage des rounds sous le hangar

Sur ces parcelles, une partie de la fenaison est assurée par un agriculteur de la commune, en rounds que l’on partage. Certes avec ce système on ne récupère que la moitié de la récolte, mais en principe le partenaire cherche à faire de la qualité, puisqu’il en prend sa part. C’est donc une bonne solution quand on n’a pas de matériel ou de temps pour être autonome. Bien que, les années où sa propre production est importante, le partenaire puisse avoir tendance à négliger le foin fait en partage : moins de fanage, moins d’attention à la météo, recherche de gain de temps au détriment de la qualité…   Mais quoiqu’il en soit ce système reste plus sûr que de se tourner vers une entreprise agricole, j’en ai fait l’amère expérience : quand on n’a pas de grandes surfaces à faire, même avec un statut d’agriculteur, on est placé en bouche-trou dans le planning, et les créneaux de fenaison sont loin d’être les meilleurs !

Bref l’idéal est en fait d’être autonome et de maîtriser la part la plus grande possible de sa production : depuis 2013 je réussis à faire une partie (plus ou moins importante selon les années) de ma récolte en petites bottes de 10/13kg, grâce au vieux matériel de fenaison soigneusement entretenu année après année par mon ami Philippe.

Faneuse-andaineuse Super Strella

Donc chaque année, entre mi-mai et début juillet, c’est le même stress intense… D’ailleurs je ne prends ni stage, ni visite pendant cette période, pour garder mon entière disponibilité et pouvoir réagir en fonction de la météo agricole, que je consulte plusieurs fois par jour. Révision et graissage du matériel (tracteur, barre de coupe, faneuse/andaineuse, presse) ; nettoyage des hangars et mise en place des palettes qui isoleront le foin du sol ; recherche de coups de main pour aider à relever, retourner, rassembler, rentrer et engranger des centaines de petites bottes…

Période de fenaison épuisante physiquement et nerveusement. Pour la première fois cette année j’en ai fait une grande partie seule, et j’ai assumé de bout en bout le processus, du fauchage au pressage, y compris l’épuisant ballet d’attelage/dételage du vieux matériel qui casse le dos et fait perdre des litres de sueur ! Mais j’ai mesuré comme jamais à quel point ce sont des moments privilégiés de rapprochement avec nos racines, avec le sens de la vie, avec la nature. Par moments, seule sur mon tracteur, entre bois et champs, sans personne aux alentours, j’ai eu une sensation de plénitude, de réalisation. Cette herbe que je fauche, fane et mets en bottes, avec ses incroyables parfums, elle assure la nourriture de mes animaux pour l’année à venir, elle contribue à la pérennité de mon activité, et déjà elle renaît, elle repousse à peine coupée (je veille à ne pas faucher trop court pour favoriser cette repousse, surtout dans les parcelles que les animaux vont pâturer pendant l’été)…

Immuable et merveilleux cycle de la nature, simple, rassurant.

Laines encore…

Une ou deux fois par an j’envoie un lot de belles toisons soigneusement triées en micro-filature (la Bardine, en Gironde), et quelques mois plus j’ai le plaisir de recevoir un gros colis avec ces fibres transformées selon mes souhaits, pour les proposer en boutique à côté de mes laines filées main.

L’animal producteur de chaque lot est identifié, sa fibre analysée. La transformation en micro-filature est semi-artisanale, chaque lot (de 1 à 4kg) est traité individuellement, sans produit chimique, sans teinture, dans le respect de la fibre.

L’arrivage de fin mai comprend des toisons cardées en ruban à destination des fileuses, de superbes fils mèches et du fil 3 brins somptueux en mélange fauve et gris (un mix que j’adore).

Ces fibres sont disponibles sur la page boutique, pour vous renseigner ou commander n’hésitez pas à m’envoyer un mail pour obtenir un devis, je n’ai pas la possibilité pour l’instant de gérer une boutique en ligne avec panier.

Tonte, pluie et vent

Après un mois d’avril trop chaud et sans une goutte d’eau, le ‘joli mois de mai’ n’a apporté que pluies, vents parfois violents et températures basses… Le tout évidemment orchestré avec la tonte 🙁  La veille de l’arrivée du tondeur, le 2 mai, il faisait encore beau et chaud… Le premier groupe tondu le lundi a encore bénéficié d’un temps clément, mais ensuite la cata… Parce que ma petite tête fatiguée a oublié de fermer la porte des écuries pour garder tout le monde au sec pendant la première nuit pluvieuse depuis un mois, les filles ont choisi de dormir dehors sous le crachin bienfaisant… Oui, dehors sous la bruine la veille de la tonte 🙁 Snif… Vous imaginez l’état des toisons… Et comment faire sécher par cette météo ? Ça va être mon travail des premiers beaux jours à venir !

Comme d’habitude, la tonte réalisée sur deux jours par Pascal, tondeur émérite, s’est parfaitement bien passée, avec l’aide précieuse des deux Philippe ! Des alpagas incroyablement calmes et zen, quasiment aucun crachat de protestation ou plainte contre leur traitement indigne…  Car oui, les photos des alpagas mis en contention choquent souvent, pourtant il s’agit à mon sens de la manière la plus rapide et sécurisée de tondre les alpagas, avec un stress minimum si on le fait avec douceur et respect permanent de l’animal (pas comme on le voit faire sur certaines videos, hélas).

D’ailleurs cette année, puisque j’avais l’habitude de tondre mes lamas debout et qu’on parle beaucoup des bienfaits de la tonte debout contre la version couchée « traumatisante », j’ai tenté l’expérience de tondre moi-même trois de mes alpagas debout : Qalypso, une femelle qui venait de mettre-bas, en tonte d’urgence par crainte d’un coup de chaleur, et de deux mes étalons, Cantabria et JJ, que nous n’avions pas eu le temps de faire début mai. D’accord j’étais seule, et avec de l’aide pour la contention ça aurait été plus facile, mais je trouve que le niveau de stress des animaux est beaucoup, beaucoup plus élevé que pour une tonte couchée ! La tonte dure plus longtemps, on prend des risques de blessures (pour l’animal et pour nous) au moindre mouvement, la toison récoltée est en moins bon état et le résultat esthétique est loin d’être aussi satisfaisant 😉

Tonte debout de CANTABRIA en cours

Tonte debout de QALYPSO en cours

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Je re-tenterai la tonte debout l’an prochain, avec de l’aide cette fois. Mais pour les derniers animaux à tondre, j’ai préféré rester sur la valeur sûre de la tonte couchée, avec le coup de main de mon stagiaire Philippe : les petits gars tondus cette semaine ont été d’un calme exemplaire et n’ont pas l’air du tout de s’en plaindre !

Suris for ever

RAZZIA, née en août 2019

Décidément, je vais finir par penser que le destin ne veut pas que je me sépare complètement de mes chers alpagas suri… C’est avec eux que j’ai commencé l’élevage d’alpagas il y a 10 ans (mon souhait initial était d’ailleurs de n’avoir que des suris), une force obscure semble vouloir que j’en garde dans l’élevage…

En effet depuis 3 ans que j’ai commencé à réduire fortement les suris pour me consacrer aux huacayas avec un cheptel réduit, plusieurs ventes prévues se sont trouvées annulées pour diverses raisons !… Ce mois-ci la vente de mes dernières petites jeunes a elle aussi échoué… Et toutes les demandes que j’ai eues ces derniers jours proviennent de l’étranger. Or je viens d’exporter des alpagas et je n’ai aucune envie de recommencer les 3 mois de protocole sanitaire et de galère que cela implique, avec une administration qui change d’avis en cours de route sur le protocole à suivre !

Donc il semblerait que tout m’incite à garder mes 3 dernières petites jeunes, les adorables Razzia, Satine et Souki… Je suis de plus en plus favorable à cette idée, je l’avoue, c’est un bien joli trio !

ZOLA – photo d’avril 2021 : encore la grande classe, ma belle retraitée de 15 ans !

Mise à jour :

Finalement les choses se sont faites rapidement…

Les petites SATINE et SOUKI ont trouvé une famille courant mai, et en juin j’ai laissé partir ma belle RAZZIA (après d’énormes hésitations) vers la Normandie…

Ne reste donc ici, comme suri, que ma ZOLA, retraitée, la maman de RAZZIA, souvenir de cette étape heureuse de l’élevage.

 

 

Premières naissances

Comme prévu, mais avec un peu d’avance, avril amène avec lui les premiers crias de l’année…

Oh, pas comme je l’espérais : deux naissances précoces le même jour, le 7 avril, deux petits mâles, dont un cria hélas non viable pour ma pauvre Léonie 🙁

Très dur de commencer la saison ainsi, alors que la précédente s’était déjà terminée sur une naissance dramatique. Parfois être éleveur implique de très gros moments de douleur et de doutes, et nous rappelle que la nature peut parfois être cruelle et terriblement injuste, et que la loi des séries n’est pas une vue de l’esprit…

Mamie ADA en mode nounou (son occupation favorite), avec son arrière-arrière petite fille Tabatha étendue contre elle, en toute confiance, et petit Topaze à côté.

Par bonheur le petit Topaze est en super forme et grandit bien, et il a vite été rejoint par la très jolie petite Tabatha, fille de ma gentille Pitchoune. Tous deux s’adonnent à de grand moments de jeux dans les pâtures inondées de soleil, suivis par des siestes bien méritées sous la surveillance attentive de la nounou en chef des crias, mamie Ada.

Mais oserais-je parler de ces journées stressantes que le tout dernier cria né jeudi 22 avril me fait vivre ? Comment tant d’aléas peuvent-ils se produire d’affilée alors que certaines années 20 naissances peuvent se suivre sans aucun souci majeur ? J’ai du mal à encaisser, et le fait d’être seule à tout assumer sur l’élevage, bons moments comme coups durs, n’aide pas à prendre du recul. C’est pour mettre des mots dessus et exorciser ces difficiles moments que je n’hésite pas à mentionner sur ce blog les réalités de l’élevage. Beaucoup d’éleveurs (et je respecte parfaitement ce choix) ne communiquent que sur ce qui se passe bien et donnent l’impression, à les lire, de ne jamais avoir de problème, comme si mentionner des soucis pouvait nuire à leur réputation. La réalité est souvent bien plus nuancée… Bien sûr certains problèmes peuvent être liés à des négligence ou des erreurs, mais en reproduction, même chez les plus expérimentés, les aléas sont bien souvent liés à la Nature, quelles que soient les compétences des uns ou des autres …

Donc le 22 avril, j’ai eu – pour la première fois en 10 saisons d’élevage –  ce qu’on appelle un « grand prématuré », un cria né à moins de 300 jours. Une petite femelle si minuscule et fragile que j’ai cru que c’était un avorton quand elle a vu le jour. Naissance normale, en fin de matinée, mais beaucoup trop précoce. Sa mère, primipare, avait visiblement souffert de la chaleur les jours précédents : est-ce ce qui a déclenché la mise bas prématurée ? Impossible de le savoir.

J’avoue que sur le coup je n’avais guère d’espoir que la petite survive : j’ai dû la masser pour qu’elle respire, aucun tonus musculaire, toute molle, inerte. Maman Qolyma a mis plusieurs heures à délivrer le placenta, et pendant tout ce temps elle s’est désintéressée de cette chose étrange que j’avais prise en charge.

J’ai très longuement réchauffé le petit bout au sèche-cheveux, tout en restant sous la chaleur du soleil, l’ai emmitoufflée dans des polaires et bouillottes, lui ai fait quelques injections, donné du glucose et du colostrum de vache tout récemment congelé… Par bonheur elle avait un réflexe de succion, ce qui m’a permis de lui faire prendre un petit biberon de 20ml à intervalles réguliers.

Je croise les doigts, nous sommes au 3e jour et elle est toujours là. Je sais que rien n’est gagné, qu’elle peut crasher à tout moment, que le colostrum n’a peut être pas pu être assimilé par son organisme fragile et que l’absence d’immunité est une épée de Damoclès sur sa tête… hélas je n’ai pas de plasma à lui donner pour assure à coup sûr son immunité. Chez les éleveurs anglo-saxons, c’est devenu une évidence de collecter du sang, extraire et stocker du plasma en début de saison, de doser les IgG à chaque naissance difficile et de donner du plasma au cria, mais ici c’est un parcours du combattant 🙁

Mes journées, depuis 3 jours, tournent autour de ce petit bout de 3,8kg… Un cria de moins de 5kg est rarement viable. Mais je ne veux pas baisser les bras. Je veux y croire malgré tout.

Elle dors la nuit dans un bac dans la maison, avec des bouillotes, et passe ses journées au soleil, à l’abri du vent, avec un petit biberon toutes les 2h.

Maman Qolyma vient de temps en temps la voir, et semble renouer le lien avec elle depuis que la petite réussit – brièvement – à tenir sur ses fragiles pattes toutes tordues quand je la mets debout. Elle est encore incapable de se lever seule, elle se laisse tomber plutôt qu’elle ne se couche ; et bien entendu téter sa mère – s’il y a une monté de lait, ce qui n’est pas certain – est impossible (d’ailleurs elle est si petite qu’elle ne pourrait même pas atteindre correctement la mamelle) !

Mise à jour (le 23/05/2021) : hélas après m’avoir donné tant d’espoir, ma jolie petite prématurée m’a quittée à l’aube de son 9e jour. Septicémie foudroyante. Elle est tombée en hypothermie à 32°C, je suis parvenue à la réchauffer, mais son petit organisme fragile a abandonné la lutte. J’ai été trop dévastée pour donner des nouvelles plus rapidement sur cette page, je m’étais tellement attachée à ce petit bout qui avait lutté si fort 🙁  Et j’ai la rage au coeur de n’avoir pu disposer de plasma qui aurait pu la sauver. En Angleterre, n’importe quel éleveur peut se procurer du plasma à  stocker en début de saison pour les cas d’échec du transfert passif d’immunité, chez nous en France cela relève de l’impossible, c’est révoltant. Nous sommes tellement à la traîne dans le monde de l’alpaga !!!

 

 

Nouvelle étape

Et voilà, une nouvelle étape arrive pour l’élevage KerLA, et pour le meilleur j’espère 🙂

J’ai enfin réussi à trancher pour franchir cette nouvelle étape, après de longues tergiversations et disputes avec moi-même 😉

J’adore ce que je fais, mais mes capacités de travail ont des limites qui hélas semblent se manifester de plus en plus à mesure que les années passent (je ne comprends vraiment pas pourquoi…).

ZOLA, ma belle matriarche suri

Donc la seule issue pour poursuivre sereinement, seule, mon travail autour de l’élevage, la transformation des laines et la formation, était de recalibrer l’activité : réduire la partie élevage, me donner plus de temps pour travailler la laine et aussi pour transmettre mes modestes compétences aux nouveaux amoureux de l’alpaga : cela me tient à coeur, d’une part à cause du grand n’importe quoi qui règne dans le monde de l’alpaga aujourd’hui, et d’autre part parce qu’on ne se refait pas… 25 années de prof, ça laisse des traces 😉

En ce début 2021, c’est la réduction de taille de l’élevage qui est en cours, et il a fallu commencer par la décision la plus difficile, que j’ai déjà évoquée le mois dernier : arrêter les suris pour me consacrer uniquement aux huacayas. D’ici fin avril, il ne restera comme suri sur la ferme que ma belle Zola, heureuse retraitée, et peut-être une autre femelle. Il n’y aura plus de mèches lustrées flottant au vent au milieu des galopades du soir… 🙁

Tous mes loulous suri auront donc rejoint leurs nouvelles familles avant fin avril (en Belgique, Lot-et-Garonne et Charente), et quelques huacayas vont également s’égailler à travers la France (Manche, Moselle, Charente…).

L’étape suivante se fera à l’automne, après la saison des mise-bas, il me faudra choisir les femelles qui partiront elles-aussi dans de nouvelles maisons pour poursuivre leur lignée, et quelques mâles aussi.

Mais attention, pas de tristesse dans tout ça, c’est une évolution réfléchie et logique, mes animaux ne partent pas n’importe où, je vais avoir des nouvelles 🙂 

Et moi je vais continuer, avec un cheptel plus réduit mais de qualité croissante, à travailler à l’amélioration de la fibre, mon objectif principal d’élevage. D’ailleurs (chut, on ne le dit pas encore) un nouvel étalon huacaya va arriver à KerLA dans quelques semaines pour apporter son exceptionnelle qualité…

Printemps précoce

SAÏGA explose de joie dans l’herbe nouvelle

Jamais encore je n’avais ouvert aux alpagas de nouvelles pâtures autour du 20 février : habituellement à cette date mes sols argileux sont encore des pataugeoires ! Mais cette année pas de raison de les en priver, et cette jeune herbe si tentante est excellente pour eux, c’est la meilleure de la saison !

La vie de l’élevage suit son cours en cette fin d’hiver si clémente… Les crias grandissent en beauté, les jeunes mecs travaillés par les hormones se bagarrent un peu plus souvent que d’habitude, les futures mamans s’arrondissent (premières naissances prévues dans la 2e quinzaine d’avril !).

Mon beau SANGHA part dans un élevage de suri en Belgique, après le délai sanitaire de rigueur de 3 mois.

Les stages reprennent à partir de mi-mars, et des animaux s’apprêtent à partir vers leurs nouveaux lieux de vie : des élevages en Normandie, en Charente, en Lot-et-Garonne, et même en Belgique 🙂

Des moments déchirants à prévoir, les alpagas sont si attachants que les départs sont toujours très durs à vivre. Et cette saison plus encore, puisque j’ai pris la décision, après plusieurs années de tergiversations, d’arrêter définitivement l’élevage des alpagas suri.

Ce sont pourtant mes préférés, ces élégants poilus aux longues mèches folles, mais la demande est encore trop faible sur le marché français pour n’élever qu’eux, et travailler correctement à la fois avec les suris et les huacayas implique des coûts d’élevage trop élevés, avec un trop grand nombre de reproducteurs à gérer…

Mon jeune SULTAN, tout juste 6 mois, fils de Snowmass ROYAL STARZ et de l’une de mes meilleures femelles, a toutes les cartes pour être un futur étalon remarquable.

Et hélas je commence à ressentir les excès du travail physique intense de ces 10 dernières années, sans une seule journée de repos : mon corps me dit de ralentir, et comme je ne l’écoute pas trop il vient de m’envoyer un bon coup de semonce qui m’a fait réfléchir…

Donc cela implique de faire de nouveaux choix d’élevage, pour ramener le nombre d’animaux à une échelle plus adaptée aux capacités de travail d’une personne seule et plus de première jeunesse 🙂 

Alors après l’arrêt de l’élevage de lamas en 2018, je confie maintenant à d’autres le soin de poursuivre mes bonnes lignées suri, pour me concentrer désormais sur mon groupe d’alpagas huacaya à la qualité grandissante.

 

Déjà février…

Hier nous fêtions (bien tristement) l’année nouvelle, et déjà nous voici dans un mois de février bien avancé… Où passent les jours ?

Ici à l’élevage les journées sont trop courtes pour tout faire, et les soirées sont consacrées au travail de la laine (tri, cardage, filage…). Dire que certains me demandent comment je fais pour ne pas m’ennuyer sans télé 😉  Si seulement je pouvais trouver un peu plus de temps pour lire, c’est ça qui me manque le plus.

Les crias de 2020 ont bientôt tous atteint leurs 6 mois, la plupart sont sevrés, certains sont déjà partis rejoindre leur nouvelle famille, et l’éducation des uns et des autres se fait petit à petit. C’est compliqué de tout gérer seule, mais avec l’habitude, ça le fait.

Le week-end dernier, mes jolies Rumba (19 mois) et Symphonie (8 mois) sont parties s’installer dans la Sarthe, et ma belle grise handicapée Olympe (5 ans) les a accompagnées, en placement. Ainsi les filles sont trois pour découvrir leur nouvelle vie, c’est toujours plus rassurant de former un groupe. Olympe va être chouchoutée, et elle aura des conditions de vie plus adaptées : ici elle était obligée de marcher beaucoup pour suivre le groupe, et c’était très dur pour ses pauvres articulations, surtout dans les pâtures détrempées de l’hiver.