LES SAILLIES

GÉRER LES SAILLIES

La saillie est une étape essentielle de l’élevage, puisque qu’elle détermine la pérennité de l’activité.

SAILLIE PAMELA

Maldoone et Pam en action – 2013

A KerLA, les saillies ont lieu « en main », car je ne veux pas laisser de mâle dans le troupeau, même pour de courtes périodes. Il existe des risques de blessures pour les femelles et pour les crias.

Saillie - Élevage KerLA

Saillie de ADA par ZIZHOU – oct 2015

La saillie « en main » permet de choisir les mariages, connaître les dates précises de fécondation et déterminer les saisons de naissance (puisque les petits camélidés peuvent se reproduire tout au long de l’année (c’est la saillie qui induit l’ovulation, la femelle n’a pas de chaleurs).

A la période choisie, le mâle est donc conduit auprès de sa promise, dans l’écurie ou dans un paddock à l’écart du troupeau. Si la femelle n’est pas déjà fécondée, elle se couche rapidement, parfois même dès qu’elle voit le mâle. Il arrive que la femelle se fasse un peu prier, qu’elle cherche à fuir, et même que le mâle se fasse copieusement cracher dessus avant de parvenir à ses fins. Monsieur doit y mettre du sien pour convaincre sa promise, mais ça dure rarement longtemps.

Saillie lama - Élevage KerLAParfois des jeunes mâles inexpérimentés perdent tous leurs moyens face à des femelles au caractère fort (comme sur la photo ci-contre : mon jeune lama mâle Tawak se pose des questions sur la marche à suivre, face au refus de Findie de se coucher)

Quand un jeune mâle est un peu perdu, il est utile de mettre dans le parc mitoyen un mâle « qui sait » pour le motiver et lui montrer quoi faire ! Un mâle est en général fertile dès 2ans, mais ne parvient pas toujours à saillir avant ses 3 ans.

 La saillie dure entre 15 et 30 minutes en moyenne, parfois davantage ! Le mâle émet en continue un râle assez surprenant appelé « orgling », qui stimule l’ovulation chez la femelle.

Démonstration ci-dessous avec mon lama Draike, qui effectuait en octobre 2015 une de ses toutes premières saillies avec ma douce Laska. Puis une 2e vidéo avec mon étalon suri Picasso, qui est occupé avec Zola mais se fait draguer de manière insistante par French Lass !

Les crias peuvent participer sans risque à la fête. Les crias mâles cherchent très vite à imiter papa, ce qui donne des scènes parfois très cocasses :

P1110669 (Copier)      P1110688 (Copier)

Le mâle est de nouveau présenté à la femelle dans les jours qui suivent : si elle refuse après 2 ou 3 jours, c’est qu’il y a eu ovulation, mais rien ne garantit le succès encore. Au bout de 8 jours, c’est qu’il y a eu fécondation ; et au bout de 15 jours, la nidification a eu lieu, c’est donc très bon signe !

La hausse du taux de progestérone pousse la femelle à refuser très nettement les avances du mâle : tentative de fuite, coups de pied, crachats, parfois attaque frontale…

Le recours à l’échographie permet de confirmer la gestation, mais cet examen est difficile à interpréter chez les camélidés, aussi beaucoup d’éleveurs choisissent de se fier au comportement de la femelle.

Mais il faut veiller à vérifier la bonne tenue de la gestation : la perte d’embryon est très fréquente dans les 3 premiers mois (on estime que dans la nature 50% des gestations sont interrompues dans les 3 premiers mois).

Taille ongles alpaga pendant la saillieLa saillie est aussi un moment idéal pour faire certains soins (injections, taille des ongles), car mâle et femelle sont dans une véritable transe et acceptent tout sans broncher : ici soin des ongles sur Karma, la femelle, et sur Alpha, le mâle, sous le regard attentif de la petite Milly.Taille ongle alpaga pendant la saillie

Taille ongle alpaga

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Nouvelles de mars…

En ce mois de mars 2020, c’est l’impression irréelle de vivre le scénario d’un mauvais film de science-fiction… Le monde quasi à l’arrêt, des millions de personnes confinées chez elles sur toute la planète, un virus incontrôlable, la « distanciation sociale » devenue une norme, et à l’inverse la vie sauvage et la nature qui retrouvent leur éclat. Aurait-on pu imaginer cela quand on se souhaitait distraitement les voeux de bonne année en janvier dernier ?

Situation inédite. Invraisemblable et indescriptible. Dramatique (surtout quand la santé est atteinte). Inquiétante pour tous (l’économie à l’arrêt, nous allons être nombreux à y laisser des plumes et peut-être à ne pas pouvoir nous relever). Fascinante aussi, car jamais le lendemain, proche comme lointain, n’a été ainsi remis en question…

Et si on pouvait entretenir l’espoir que quelque chose de positif naisse de cette crise ? Une prise de conscience globale de l’absurdité du fonctionnement de nos sociétés actuelles, et un rejet des engrenages d’un système mondialisé malade qui nous ont précipités dans cette crise ? On peut toujours rêver…

En attendant mes animaux me font garder les pieds sur terre, car au final le confinement ne modifie guère la vie quotidienne quand on est éleveur, je n’ai pas davantage de temps pour la télé (que je n’ai pas), les réseaux sociaux, ou toute autre activité « de confinement » véhiculée par le Web, ce réseau nourricier dont nous sommes tous devenus ultra-dépendants (en mal chronique d’une connexion stable sur ma ligne fatiguée au fond de ma campagne, je me trouve bien en peine, les jours sans, pour garder contact avec mes clients ou réaliser les taches administratives !).

REFLET de KerLA Education à la longe

Donc la vie de la ferme continue…

En mars, en plus du travail de nourrissage et de nettoyage quotidien, ce sont les sevrages qui se poursuivent, les jeunes qu’il faut éduquer au licol et à la marche en longe, l’ouverture de pâtures d’herbe nouvelle à tout ce petit monde, avec la vérification des clôtures, des barrières à fabriquer…

Début mars deux petits gars sont partis rejoindre leur nouvelle famille sur Lyon : ROMÉO et RAFT… Deux grands copains qui partent ensemble, le rêve pour un éleveur.

NIAOULI de KerLA

Les autres départs prévus aussi en mars, eux, se trouvent reportés à cause du confinement :

– mon étalon NIAOULI ne rejoindra finalement son nouveau lieu de vie (et de travail) dans l’Allier qu’après la reprise de la circulation. Il aura ainsi le plaisir de faire quelques saillies ici avant de partir 🙂

– les deux petites jeunes RÉBÉA et RAFALE, qui partent ensemble vers une nouvelle vie, attendront aussi la fin de crise pour rejoindre la Charente-Maritime.

 

Visites d’élevage, visites d’achat et stages resteront bien entendu suspendus aussi longtemps qu’il faudra.

Bon courage à tous pour traverser cette période difficile.

 

 

 

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