LA GESTION DES MÂLES

GÉRER LES MÂLES

Saillie lamaLa gestion des lamas et des alpagas mâles, comme dans beaucoup d’espèces animales, demande réflexion.

Le mâle a un comportement territorial, un instinct bagarreur, et le risque d’imprégnation est élevé s’il n’a pas été éduqué avec précaution. Acquérir un ou des mâles suppose donc un minimum de réflexion, que ce soit pour l’élevage ou pour le loisir.

  • Dans un élevage, un ou plusieurs reproducteurs sont indispensables :

Avec un seul reproducteur dans un élevage, il est possible de le laisser dans le troupeau s’il y a suffisamment de femelles. C’est une solution pratique qui facilite le travail, mais qui comporte beaucoup d’inconvénients : 

  • il est impossible de connaître les dates de saillie et donc d’estimer les date de mise-bas.
  • on ne sait pas si toutes les femelles ont bien été saillies (dans un groupe certaines femelles très dominantes peuvent refuser un mâle qui ne leur plaît pas et le tenir à distance indéfiniment ; à l’inverse le mâle peut s’acharner sur une femelle qui ne sait pas refuser ses avances)
  • si une femelle ne sait pas refuser les avances du mâle, la répétition des saillies peut compromettre la gestation, ou entraîner une infertilité définitive.
  • lors d’une mise-bas, il arrive que le mâle cherche à saillir la femelle pendant la naissance, excité par sa position couchée. Le cria peut en mourir.
  • le mâle peut blesser un jeune cria, volontairement ou non, surtout quand celui-ci commence à grandir (agressivité contre un cria mâle – rivalité -, ou tentative de saillie d’un cria femelle).

Ce mode opératoire est de toutes façons impossible quand l’élevage comporte plusieurs mâles.

La saillie dite en main est sans doute moins « romantique », mais elle permet de gérer le calendrier des naissances, et d’éviter certains soucis. A la différence de la monte en main chez les équidés (où la jument est le plus souvent entravée pour ne pas pouvoir exprimer son mécontentement), la femelle lama ou alpaga a son mot à dire face au mâle, et quand c’est non, c’est non !

  • Si on n’est pas éleveur, faut-il préférer des mâles castrés ?

Comme dans beaucoup d’espèces animales, la gestion des petits camélidés mâles doit être raisonnée. Peu de particuliers gardent chez eux un cheval entier, sauf dans des objectifs précis de reproduction, car ces entiers sont souvent difficiles à manier, notamment avec des femelles à proximité.

Mais comme le petit camélidé est un animal doux et pacifique, le réflexe de castrer les mâles n’est pas répandu. On met des mâles ensemble sans se poser de questions, on prend un couple « pour avoir un petit », sans réaliser les conséquences de ces choix…

MADEG – Reproducteur à KerLA

Si vous prenez des mâles entiers, ils peuvent vivre à deux si aucun des deux n’a de caractère territorial trop marqué, sinon les bagarres peuvent être très violentes, c’est fréquent surtout avec les lamas. L’idéal avec les entiers étant d’avoir des groupes d’au minimum 5 ou 6 individus pour diluer l’agressivité.

Mon avis personnel est qu’il est préférable de castrer des mâles de loisir, surtout s’ils ont un rôle d’agrément pour la famille et de compagnons de balade qui seront fréquemment manipulés, voire cajolés. 

Et cela permet de limiter le risque d’avoir des mâles imprégnés. Un hongre correctement éduqué fera un animal de loisir et de compagnie beaucoup plus facile et sans risque, et il pourra vivre avec des congénères des deux sexes sans problème.

Un éleveur devrait castrer d’office tout mâle qui a une attitude agressive innée (transmission génétique), et bien sûr tout mâle qui a un défaut de conformation et qui est vendu exclusivement pour le loisir : combien d’animaux écartés de la reproduction et vendus à bas prix se retrouvent reproducteurs aux mains de personnes peu scrupuleuses prêtes à faire reproduire n’importe quel animal ?

  • Un grave problème : l’imprégnation des mâles  Cliquer ici

Page suivante : la tonte annuelle

Retour aux NOTIONS D’ÉLEVAGE

 

 

 

 

Laisser un commentaire