LA GESTION DES GROUPES

GÉRER LES GROUPES – Quelques règles de base

  • Pas de petit camélidé isolé, ou seul de son espèce

Les petits camélidés sont grégaires et ont besoin de leurs congénères pour un bon équilibre physique et mental. Un lama ou un alpaga seul, même parmi d’autres espèces animales, risque davantage de souffrir de pathologies liées au stress (sensibilité accrue au parasitisme et aux maladies), et aussi de développer des problèmes de comportements

  • Lamas et alpagas ne parlent pas le même langage

Lamas et alpagas peuvent faire pâture commune, mais force est de constater qu’ils ne se mélangent pas : ils forment des groupes distincts, hésitent à se partager le râtelier de foin, occupent souvent l’abri en alternance… Donc faire vivre ensemble un seul lama et un seul alpaga n’est pas non plus une solution idéale.

  • Le groupe idéal : au moins 3 animaux du même sexe

Le groupe idéal commence à trois animaux de la même espèce (lamas ou alpagas), et de préférence du même sexe (surtout pas de couple, ni de mâle seul avec un tout petit nombre de femelles, sauf s’il est castré). Dans la pratique, pour des raisons de budget (et parce que les acheteurs pensent qu’on veut juste pousser à la consommation), on se contente de conseiller un minimum de deux alpagas. Mais 3 ou 4 est bien sûr préférable pour leur équilibre d’animaux de groupe.

  • Le cas des mâles reproducteurs très territoriaux

Certains mâles reproducteurs peuvent avoir besoin de parcs individuels (les lamas surtout), car ils sont très territoriaux et une fois adultes ils ne supportent pas toujours de cohabiter avec d’autres mâles, notamment quand il n’est pas possible de les garder à grande distance des femelles. Il est cependant essentiel que ces parcs soient mitoyens les uns des autres pour que les animaux gardent des contacts et une vie sociale active.

  • Les groupes de mâles entiers

Quand les mâles entiers vivent en groupe, il est préférable que ce groupe compte au moins 4 ou 5 individus : l’agressivité sera diluée et les bagarres individuelles pour le territoire seront moins intenses. Il faut toutefois faire attention qu’un des animaux ne soit pas le souffre-douleur de tout le groupe, cela peut arriver et les conséquences sur sa santé peuvent être graves (stress, blessures).

  • Pas de mâle entier au sein d’un petit groupe de femelles, et encore moins de couple seul

Laisser un mâle entier en permanence au sein du groupe des femelles et des jeunes pose des risques d’autant plus élevés que le nombre de femelles est réduit. C’est très déconseillé. Un éleveur qui accepte de vendre un couple mâle/femelle destiné à vivre seul n’a pas d’éthique.

Quels sont ces risques ? Dans la nature, l’étalon a un harem de 10 ou 15 femelles, il vit en marge du groupe et ne le rejoint que pour les saillies. Une femelle est toujours disponible pour lui sur le nombre, et si ce n’est pas le cas les femelles se liguent pour repousser ses avances. Une femelle seule avec un mâle, même avec un fort caractère, est incapable de repousser les avances du mâle pendant les 11 à 12 mois de la gestation. Dès qu’elle se couche, l’étalon peut croire à une invitation (puisque la saillie se passe couchée) et venir la harceler, et ce avec une insistance accrue à mesure que les mois passent et que sa frustration augmente. Des saillies répétées sont un risque pour la femelle gestante comme pour son petit à naître. Il arrive aussi que l’étalon cherche à saillir pendant la mise-bas ! Et si malgré tout un cria naît, sa vie peut être menacée par son père : cria femelle étouffée par le poids de son père qui cherche à la saillir vers 3 ou 4 mois, ou petit mâle pourchassé car considéré comme un rival potentiel. Les cas dramatiques sont loin d’être rares, et même si parfois « ça marche » (réponse qu’on m’oppose très souvent), le drame peut se produire après plusieurs années sans souci, ne pas l’oublier !

Pour ces raisons, peu d’éleveurs laissent un étalon vivre en permanence avec les femelles. De plus cela ne permet pas de connaître la date des saillie pour estimer les périodes de mise-bas, d’une part, et d’autre part les élevages ont souvent plusieurs étalons pour apporter une variété de sang dans la progéniture, les saillies doivent donc être contrôlées. 

  • Mâle entier et mâle castré ensemble ? Possible, mais sous surveillance

Cette situation est à gérer au cas par cas, car la cohabitation entier/castré dépend du caractère propre de chaque animal, et on voit toutes les situations possibles. Dans un groupe important, un seul mâle castré risque d’être en position de faiblesse et servir de bouc-émissaire. Mais d’expérience les choses se passent plutôt bien : les entiers se désintéressent le plus souvent des castrés dans leurs bagarres (sauf si le castré qui se pense toujours entier et garde un comportement combatif).

  • Eviter de mélanger de jeunes mâles avec des adultes entiers, surtout reproducteurs

Les jeunes mâles (moins de 2 ans) n’ont pas encore la capacité de se défendre contre les attaques de mâles plus âgés, ils peuvent être blessés physiquement, ou encore voir leur libido détruite, il est donc préférable de former un groupe de jeunes à part.

A KerLA, les alpagas mâles sont nombreux et répartis ainsi :

  • les jeunes de moins de 2 ans
  • les adultes suri
  • les adultes huacaya
  • un étalon qui vit seul
  • deux étalons seuls ensemble, pour des raisons précises.

Les lamas mâles, eux, ont chacun leur parc personnel. Le jeune TAWAK, après avoir partagé son parc avec des mâles castrés, était devenu brutal envers eux en atteignant l’âge de 3 ans : il a clairement montré qu’il ne souhaitait plus partager son territoire. Avec T’CHAQO YANA, installé dans le parc mitoyen, il se livrait à d’impressionnantes courses d’intimidation le long de la clôture, et à des défis à travers la fenêtre entre leurs abris respectifs ! Maintenant que T’Chaqo a déménagé, son voisin de pâture est mon lama mâle DRAIKE qui dédaigne ces rivalités de mâles, à la grande frustration de Tawak !

TAWAK et les jeunes(Large)

Tawak et les jeunes

TAWAK etTCHAQO box

Petite discussion amicale entre Tawak et T’Chaqo

Au sevrage, les jeunes mâles de l’année sont d’abord regroupés dans un espace à l’écart des femelles, le temps de faire leur éducation, puis vers 10 mois il rejoignent le groupe des jeunes mâles de l’année précédente. Il ne faut surtout pas les laisser avec des femelles après le sevrage, car bien qu’ils ne puissent en principe pas reproduire avant l’âge de 2 ans, des surprises peuvent arriver… Et une cria gestante à 7 ou 8 mois, ce n’est pas du tout conseillé.

JEUNES 2012

Crias 2012 au sevrage

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