F.A.Q. petits camélidés

F.A.Q. (Questions fréquentes) sur les petits camélidés

Certaines questions concernant les petits camélidés reviennent souvent. J’ai regroupé ici les plus fréquentes, avec des réponses simples. Je développe certains points au fil du site, mais il faut multiplier les lectures et les expériences de terrain pour bien les connaître et avoir de bonnes notions d’élevage !

  • Est-ce qu’ils crachent ?

Voilà bien la question n°1 ! La réponse est OUI, les petits camélidés crachent… Ils crachent pour régler les conflits hiérarchiques entre eux : soit un simple jet de postillons d’avertissement, soit carrément le vrai crachat venu du 1er estomac, à l’odeur si forte que l’animal qui a craché reste une dizaine de minutes la mâchoire pendante pour s’aérer la bouche !

MAIS le lama (ou l’alpaga) NE DOIT PAS CRACHER SUR L’HOMME : s’il le fait, c’est soit un problème d’éducation (manque de respect, l’animal veut dominer), soit provoqué par un stress intense (peur ou soin douloureux, par exemple). Un peu comme le chien qui mord.  Beaucoup de lamas de zoos crachent parce qu’ils sont excédés par les gestes, les exclamations et l’agitation des visiteurs, ce qui alimente la légende du lama cracheur.

  • ·Combien de temps vivent-ils ?

Les petits camélidés vivent en moyenne une vingtaine d’années.

  • Que mangent-ils ?

L’alimentation de base est l’herbe, avec un complément de foin toute l’année (même au printemps – surtout au printemps, car ils ont besoin de fibres sèches pour une bonne digestion). Il faut également apporter des minéraux.

Un complément de granulés peut être donné en hiver, ou aux femelles gestantes et en lactation, mais il faut éviter une nourriture trop riche en protéines.

  • Sont-ils souvent malades ?

Non, ils sont de santé robuste, adaptés aux climats rudes et à une nourriture frugale.

Le problème est qu’un camélidé malade ne montre des symptômes que quand ça va vraiment très mal, il faut donc bien les connaître et les observer chaque jour.

  • Ont-ils besoin de soins particuliers ?

Il est conseillé de les vacciner contre l’entérotoxémie et le tétanos, et de les vermifuger régulièrement, en faisant au préalable des analyses de crottes. Une bonne hygiène des parcs et stabulations est essentielle : nettoyage quotidien des litières, désinfection des abreuvoirs et des auges, ramassage des crottes dans les paddocks…

Il faut tailler les onglons au minimum une fois par an (parfois 2 ou 3 fois pour certains animaux). Il faut aussi tondre impérativement au printemps, avant les fortes chaleurs estivales. Seuls les lamas classiques, qui ont peu de laine, peuvent rester plusieurs années sans tonte s’ils sont brossés soigneusement ; ou encore les suris, qui ne sont souvent tondus que tous les deux ans (la disposition de leur laine sur le corps fait qu’ils ont moins chaud en été que les autres types de lainés).

  • Quelle surface faut-il pour les héberger ?

On conseille un minimum de 1000m² par alpaga et 2000m² par lama, mais tout dépend du type d’herbage. De plus une rotation sur deux parcelles (ou plus) est préférable pour gérer le parasitisme et la pousse de l’herbe.

Un abri fermé sur trois côtés est indispensable, surtout dans les régions pluvieuses.

  • Quelles clôtures faut-il ?

Les petits camélidés ont une détente prodigieuse et sautent très haut : un lama peut sauter de pied ferme une clôture de 1m60 s’il a une bonne raison de le faire (mâle qui veut rejoindre des femelles, par exemple) ; mais ce sont des animaux routiniers, et si ils sont bien là où ils sont, ils ne chercheront pas à partir même avec des clôtures plus basses. Pour ma part, étant en bordure de forêt, j’utilise du grillage à mouton à 1m50 surmonté de fil électrique en périphérie de mes terrains, pour éviter l’entrée des animaux sauvages, mais le grillage des clôtures intérieures est moins élevé (1m20), avec une hauteur de ruban ou une lisse de bois au-dessus.

D’après mon expérience, le lama respecte bien le fil ou le ruban électrique, à condition d’avoir plusieurs rangs (au moins 4, dont un très près du sol) ; l’alpaga le respecte beaucoup moins : pour lui le grillage est indispensable, ne serait-ce que pour le protéger des prédateurs que sont les chiens errants (de plus en plus d’attaques sont hélas signalées).

  • Peut-on avoir un lama / alpaga seul ?

La réponse est claire : NON ! Ce sont des animaux grégaires, profondément malheureux s’ils vivent sans congénères. La compagnie d’une chèvre, d’un mouton ou d’un cheval est mieux que rien, mais un lama ne sera vraiment bien qu’avec un autre lama, et un alpaga avec un autre alpaga (et de préférence du même sexe).

  • Quel est le prix d’un petit camélidé ?

Les fourchettes de prix sont très larges, car une multitude de critères rentrent en compte : l’âge de l’animal, son sexe, son type, ses origines, sa toison (couleur, qualité), son caractère, son niveau d’éducation, sa conformation, sa fécondité, sa descendance, mais également des critères plus généraux comme la réputation de l’élevage, l’offre et la demande, les résultats en show…

Indicatif de prix pour l’élevage KerLA (TVA à 20% depuis juillet 2014)
– Lama lainé mâle : à partir de 1500 € TTC
– Lama lainé femelle : à partir de 2000 € TTC
– Alpaga mâle : à partir de 1000 € TTC
– Alpaga femelle : à partir de 2000 € TTC

 On trouve certes des prix plus bas chez des éleveurs amateurs et des particuliers, mais c’est aussi le risque d’acquérir un animal issu de croisements consanguins, mal conformé, potentiellement imprégné, peu éduqué, souvent non identifié, rarement vacciné, mal vermifugé, sans garantie sanitaire ni suivi après-vente.…Chacun voit midi à sa porte, mais les acheteurs de ces animaux ont une fâcheuse tendance à venir demander ensuite de l’aide (gratuite) aux éleveurs professionnels pour régler leurs soucis !

Il faut avoir en tête qu’un petit camélidé n’est pas un mouton : il n’y a toujours qu’un seul petit que la femelle porte entre 11 et 13 mois, avec des avortements fréquents en début de gestation. Le petit ne sera vendu qu’au sevrage, à plus de 6 mois, et après des heures de travail pour le manipuler et l’éduquer. Pour l’éleveur, chaque animal représente donc près de 2 ans de travail, de soins et de risques  : si le prix de vente ne répercute pas ce travail et ces risques, les éleveurs n’ont plus qu’à arrêter, ils ne vivent pas de l’air du temps…

  • Que choisir : mâle ou femelle ?

A moins d’être éleveur, avoir chez soi un mâle non castré est source de problèmes potentiels, surtout s’il est seul, ou avec des femelles. Deux mâles entiers sont tout à fait gérables, mais il faut prendre grand soin, si on les achète jeunes, de ne pas les imprégner, ce qui est souvent un gros risque avec les animaux achetés pour le loisir.

L’idéal pour le loisir ou la compagnie est d’avoir 2 mâles castrés, ou 2 femelles si on souhaite faire naître des petits (trouver un étalon pour la saillie chez un éleveur est beaucoup plus simple  que gérer un entier à la maison – comme avec les chevaux).

  • Quel problème avec le mâle entier ?

Le petit camélidé est très sensible à l’imprégnation, et une éducation maladroite des jeunes mâles peut entraîner de gros risques pour l’avenir, trop peu de gens en sont conscients. Le syndrome du mâle furieux est le seul risque qui existe avec les petits camélidés, mais il est réel et hélas de plus en plus fréquent.

  • Comment se passe la saillie ?

Il n’y a en principe aucune brutalité. Si la femelle n’est pas déjà gestante, elle se couche rapidement après avoir été présentée au mâle. La saillie chez les petits camélidés dure entre 15 et 30 minutes.

Si par contre la femelle est pleine, elle crache copieusement sur le mâle et refuse ses avances en fuyant. Le prétendant échaudé insiste rarement longtemps.

La femelle n’a pas de chaleurs, c’est la saillie qui déclenche l’ovulation : il peut donc y avoir des petits tout au long de l’année, mais il est préférable d’éviter les naissances en période estivale, à cause de la chaleur.

  • Quelle est la durée de la gestation ?

– alpaga : entre 11 mois et 12 mois (moyenne : 11 mois 1/2)

lama : entre 11 mois 1/2 et 12 mois 1/2 (parfois 13 mois)

  • Combien y a-t-il de petits ?

Un seul petit, que l’on appelle un cria, qui pèse entre 5 et 10kg pour un alpaga, et entre 13 et 18kg pour un lama.

Les naissances de jumeaux sont rarissimes et source de problèmes.

  • Comment se passe la naissance ?

La femelle reste le plus souvent debout, dehors. La naissance est rapide et se passe en général très bien : il faut surveiller mais il est rare d’avoir à intervenir.

Particularité bien appréciable pour l’éleveur : la naissance a presque toujours lieu en plein jour (entre 10h et 16h) et par beau temps. Deux raisons à cela, en lien avec leur milieu montagnard d’origine : d’une part la mère ne lèche pas son petit (elle ne peut sortir sa langue), donc le cria doit pouvoir sécher seul avant le froid de la nuit ; et d’autre part dans les montagnes les prédateurs sortent au crépuscule : le petit âgé de plusieurs heures est assez robuste pour s’enfuir.

Par contre l’élasticité des durées de gestation peut contraindre à une surveillance très prolongée des femelles prêtes à mettre bas, notre patience est souvent mise à rude épreuve !

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Nouvelles de mars…

En ce mois de mars 2020, c’est l’impression irréelle de vivre le scénario d’un mauvais film de science-fiction… Le monde quasi à l’arrêt, des millions de personnes confinées chez elles sur toute la planète, un virus incontrôlable, la « distanciation sociale » devenue une norme, et à l’inverse la vie sauvage et la nature qui retrouvent leur éclat. Aurait-on pu imaginer cela quand on se souhaitait distraitement les voeux de bonne année en janvier dernier ?

Situation inédite. Invraisemblable et indescriptible. Dramatique (surtout quand la santé est atteinte). Inquiétante pour tous (l’économie à l’arrêt, nous allons être nombreux à y laisser des plumes et peut-être à ne pas pouvoir nous relever). Fascinante aussi, car jamais le lendemain, proche comme lointain, n’a été ainsi remis en question…

Et si on pouvait entretenir l’espoir que quelque chose de positif naisse de cette crise ? Une prise de conscience globale de l’absurdité du fonctionnement de nos sociétés actuelles, et un rejet des engrenages d’un système mondialisé malade qui nous ont précipités dans cette crise ? On peut toujours rêver…

En attendant mes animaux me font garder les pieds sur terre, car au final le confinement ne modifie guère la vie quotidienne quand on est éleveur, je n’ai pas davantage de temps pour la télé (que je n’ai pas), les réseaux sociaux, ou toute autre activité « de confinement » véhiculée par le Web, ce réseau nourricier dont nous sommes tous devenus ultra-dépendants (en mal chronique d’une connexion stable sur ma ligne fatiguée au fond de ma campagne, je me trouve bien en peine, les jours sans, pour garder contact avec mes clients ou réaliser les taches administratives !).

REFLET de KerLA Education à la longe

Donc la vie de la ferme continue…

En mars, en plus du travail de nourrissage et de nettoyage quotidien, ce sont les sevrages qui se poursuivent, les jeunes qu’il faut éduquer au licol et à la marche en longe, l’ouverture de pâtures d’herbe nouvelle à tout ce petit monde, avec la vérification des clôtures, des barrières à fabriquer…

Début mars deux petits gars sont partis rejoindre leur nouvelle famille sur Lyon : ROMÉO et RAFT… Deux grands copains qui partent ensemble, le rêve pour un éleveur.

NIAOULI de KerLA

Les autres départs prévus aussi en mars, eux, se trouvent reportés à cause du confinement :

– mon étalon NIAOULI ne rejoindra finalement son nouveau lieu de vie (et de travail) dans l’Allier qu’après la reprise de la circulation. Il aura ainsi le plaisir de faire quelques saillies ici avant de partir 🙂

– les deux petites jeunes RÉBÉA et RAFALE, qui partent ensemble vers une nouvelle vie, attendront aussi la fin de crise pour rejoindre la Charente-Maritime.

 

Visites d’élevage, visites d’achat et stages resteront bien entendu suspendus aussi longtemps qu’il faudra.

Bon courage à tous pour traverser cette période difficile.

 

 

 

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