FILAGE DE LA LAINE

FILER LA LAINE

Le filage est l’étape magique, qui transforme la fibre en fil de laine dont le fileur module l’épaisseur et la régularité, le gonflant et la torsion par sa seule technique (bien que la qualité de la fibre et du matériel aient aussi leur importance, évidemment !).

Le filage peut se faire au fuseau ou au rouet.

LE FUSEAU :

Comme beaucoup de fileurs et fileuses, j’ai appris d’abord la technique millénaire du filage au fuseau, qui permet de décomposer le travail du fil en deux temps : la torsion puis l’enroulement. De plus le fuseau, léger et maniable, peut être emporté partout et permet de filer dans les endroits les plus insolites. Mais pour une production professionnelle le fuseau ne peut être envisagé, il n’est pas assez rapide.

LE ROUET

Le rouet permet de créer le fil par la torsion et de l’enrouler autour de la bobine dans le même mouvement, en pédalant.

Les modèles de rouets sont multiples. Ancien ou moderne, il faut en essayer plusieurs pour trouver celui qui convient le mieux pour ce que l’on souhaite faire. Une ou deux pédales, double entraînement ou simple entraînement (avec tension écossaise ou irlandaise), épinglier pour filage dentelle ou kit jumbo, types de ratios… Le choix d’un rouet suppose d’avoir un peu approfondi ses connaissances techniques !

Mes rouets de travail sont au nombre de trois :

– un Kiwi 2 d’Ashford à simple entraînement et tension écossaise (la courroie entraîne l’épinglier, et un frein sur la bobine permet de faire varier la torsion du fil)

Filage de la laine– un rouet traditionnel à double entraînement acheté d’occasion mais en parfait état. J’en ignore la marque, mais il est très fonctionnel et efficace, malgré des bobines assez petites et non standard (un des problèmes majeurs avec les rouets d’occasion).

Filage de la laine– un rouet électronique Roberta, que j’ai eu du mal à apprivoiser au début car l’absence de pédalage perturbait mon rythme de travail ! Il me sert essentiellement pour les retors, beaucoup plus rapides qu’avec le pédalage.

Rouet électronique Roberta

  • Et mon petit dernier, acquis pour les stages de filage : le Fantasia de Kromski (photo à venir)

LES TECHNIQUES DE FILAGE :

Il existe quasiment autant de techniques de filages que de fileurs et fileuses : chacun adapte la technique à son doigté et à ses envies. Mais pour faire simple, le principe de base est toujours le même : pour une personne droitière, la main droite alimente le fil en contrôlant l’apport de fibre cardée entre les doigts, tandis que la main gauche contrôle la torsion en pinçant et relâchant alternativement le fil.

Le fil simple produit à partir de la fibre cardée ou peignée est appelé célibataire. Ce fil peut être tricoté ainsi, mais il est assez fragile, c’est pourquoi le plus souvent on le retord, c’est à dire qu’on tord ensemble deux fils célibataires (ou plus) pour obtenir un fil plus solide.

Pour le retors, la torsion se fait en sens inverse du sens utilisé pour filer, afin de ne pas ôter la torsion initiale de chaque fil (Par convention un fil simple est filé en tournant la roue ou le fuseau dans le sens des aiguilles d’une montre – torsion en Z-, et le retord se fait dans le sens contraire, en S).

Pour retordre, il suffit de positionner les bobines de fil célibataire sur un support spécial appelé cantre . La plupart des rouets comportent un cantre intégré (deux tiges verticales utilisables pour le retord à deux brins), mais pour ma part je préfère retordre avec un cantre freiné positionné en hauteur sur ma gauche, légèrement en arrière : le déroulement des fils est plus facile à contrôler.

Photos à venir !

La bobine de fil (fil simple ou retordu) doit ensuite être mise en écheveau pour l’importante étape du blocage (par trempage ou à la vapeur), sans laquelle le fil risque de se défaire.

 

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