PRÉPARATION DE LA TOISON

BIEN PRÉPARER LA TOISON : une étape cruciale pour la bonne qualité de la laine.

1 – LE TRI

Tonte

Tonte de SAM – mai 2017

Au cours de la tonte, le tondeur a en principe séparé la fibre en 2 ou 3 lots :

  • la catégorie 1 est prélevée sur le dos et les flancs, c’est la blanket, la meilleure fibre.
  • la catégorie 2 est prélevée sur le cou, le ventre, les pattes. C’est une fibre plus courte et plus épaisse, le plus souvent utilisée pour le rembourrage ou le feutrage. Sur de bons animaux on peut distinguer une catégorie 2 (cou, ventre) et une catégorie 3 (pattes).

La laine de chaque catégorie est emballée en sacs et pesée dans l’attente de sa transformation (la laine brute peut se conserver plusieurs années si elle est stockée dans de bonnes conditions avec quelques gouttes d’huile essentielle de lavande, cèdre ou romarin contre les parasites).

Le tri d’une toison se fait sur une grande claie grillagée.Tri de la laine

On étale la toison, on la secoue doucement pour la dépoussiérer (car les alpagas adorent se rouler dans la terre et le sable). Puis il faut trier patiemment à la main pour ôter les débris de paille, foin et autres salissures.

Une laine trop souillée est irrécupérable, c’est pourquoi la propreté de l’espace de vie des animaux et de l’aire de tonte sont essentielles.

2 – LE LAVAGE

Le lavage peut se faire en amont (avant le cardage), ou en aval (une fois la laine mise en écheveau). Le choix dépend surtout du type de fibre que vous transformez.

Pour de l’alpaga ou du lama, fibres sèches, sans suint, le lavage préalable n’est pas recommandé en filage artisanal : il agglomère les fibres et rend l’écharpillage plus difficile. Le lavage en écheveau est largement suffisant (voir cette page).

Pour du mouton ou toute autre fibre grasse, le lavage préalable est nécessaire afin d’extraire la plus grande partie du suint, protéger les outils et rendre le filage plus agréable.

Comment réaliser ce lavage préalable ?

Il se fait à la main, toison par toison (2 à 3kg maximum à la fois), dans une série de bains d’eau légèrement chaude (35 à 40°C). Laisser tremper 1 heure dans de l’eau tiède, avant le lavage proprement dit, pour que les saletés se détachent mieux ensuite.

LAVAGE de la toisonLAVAGE de la toisonQue le lavage se fasse en amont ou en aval de la transformation, il faut respecter deux règles simples pour éviter le feutrage des fibres :

  • – utiliser de l’eau à la même température pendant tout le processus (surtout pas de choc thermique)
  • – ne jamais frotter la laine : l’immerger en appuyant doucement.

Pour les fibres délicates comme l’alpaga, le lavage se fait avec un produit naturel doux (pas de lessive avec détergent) : j’utilise un savon liquide neutre bio, ou du savon de Marseille liquide à l’huile d’olive. La fibre doit ensuite être rincée soigneusement, dans plusieurs bains, en prenant soin de la manipuler délicatement pour la sortir de l’eau. Surtout pas d’essorage (pour de petites quantités, une essoreuse à laine est parfois utilisée… Personnellement je ne l’utilise que pour essorer des écheveaux).

3 – LE SÉCHAGE

Pour le lavage en amont, la toison est étalée sur des claies de séchage sans être essorée. Il faut la retourner et l’aérer régulièrement, à la main, pour détacher les fibres et accélérer le séchage. Par temps beau et chaud, elle sèche dans la journée. C’est donc plutôt une activité estivale.

Séchage de la toison lavée

Séchage sur claie

Le sèche-linge est totalement à proscrire, même avec un programme laine. Seul le séchage naturel préserve les qualités de la fibre.

Par temps venteux, je couvre les claies de grillage pour éviter que la laine soit emportée par les bourrasques (le risque est grand en fin de séchage, quand la laine devient si légère).

SECHAGE LAINE AVEC GRILLES Petite note tirée de mes expériences de lavage :

– ne lavez surtout pas une toison destinée à être transformée en filature artisanale, seules les toisons non lavées sont acceptées.

– le lavage préalable d’une toison d’alpaga suri est une TRÈS MAUVAISE IDÉE, surtout si on veut ensuite extraire des mèches intactes, et même pour peigner ou carder ensuite.

Pages suivantes : 

Retour au  TRAVAIL DE LA LAINE

Articles récents

Nouvelle étape

Et voilà, une nouvelle étape arrive pour l’élevage KerLA, et pour le meilleur j’espère 🙂

J’ai enfin réussi à trancher pour franchir cette nouvelle étape, après de longues tergiversations et disputes avec moi-même 😉

J’adore ce que je fais, mais mes capacités de travail ont des limites qui hélas semblent se manifester de plus en plus à mesure que les années passent (je ne comprends vraiment pas pourquoi…).

ZOLA, ma belle matriarche suri

Donc la seule issue pour poursuivre sereinement, seule, mon travail autour de l’élevage, la transformation des laines et la formation, était de recalibrer l’activité : réduire la partie élevage, me donner plus de temps pour travailler la laine et aussi pour transmettre mes modestes compétences aux nouveaux amoureux de l’alpaga : cela me tient à coeur, d’une part à cause du grand n’importe quoi qui règne dans le monde de l’alpaga aujourd’hui, et d’autre part parce qu’on ne se refait pas… 25 années de prof, ça laisse des traces 😉

En ce début 2021, c’est la réduction de taille de l’élevage qui est en cours, et il a fallu commencer par la décision la plus difficile, que j’ai déjà évoquée le mois dernier : arrêter les suris pour me consacrer uniquement aux huacayas. D’ici fin avril, il ne restera comme suri sur la ferme que ma belle Zola, heureuse retraitée, et peut-être une autre femelle. Il n’y aura plus de mèches lustrées flottant au vent au milieu des galopades du soir… 🙁

Tous mes loulous suri auront donc rejoint leurs nouvelles familles avant fin avril (en Belgique, Lot-et-Garonne et Charente), et quelques huacayas vont également s’égailler à travers la France (Manche, Moselle, Charente…).

L’étape suivante se fera à l’automne, après la saison des mise-bas, il me faudra choisir les femelles qui partiront elles-aussi dans de nouvelles maisons pour poursuivre leur lignée, et quelques mâles aussi.

Mais attention, pas de tristesse dans tout ça, c’est une évolution réfléchie et logique, mes animaux ne partent pas n’importe où, je vais avoir des nouvelles 🙂 

Et moi je vais continuer, avec un cheptel plus réduit mais de qualité croissante, à travailler à l’amélioration de la fibre, mon objectif principal d’élevage. D’ailleurs (chut, on ne le dit pas encore) un nouvel étalon huacaya va arriver à KerLA dans quelques semaines pour apporter son exceptionnelle qualité…

  1. Printemps précoce Commentaires fermés sur Printemps précoce
  2. Déjà février… Commentaires fermés sur Déjà février…
  3. Meilleurs voeux pour 2021 Commentaires fermés sur Meilleurs voeux pour 2021
  4. Filage hivernal Commentaires fermés sur Filage hivernal
  5. Adieu Maldoone Commentaires fermés sur Adieu Maldoone
  6. Le dilemme de l’éleveur Commentaires fermés sur Le dilemme de l’éleveur
  7. Stages d’automne Commentaires fermés sur Stages d’automne
  8. Nouvelles d’automne Commentaires fermés sur Nouvelles d’automne
  9. Stages d’automne Commentaires fermés sur Stages d’automne
  10. Mi-juillet/mi-août 2020 : des hauts et des bas Commentaires fermés sur Mi-juillet/mi-août 2020 : des hauts et des bas
  11. Joies et peines de juin Commentaires fermés sur Joies et peines de juin
  12. Crias de mai Commentaires fermés sur Crias de mai
  13. Première naissance 2020 Commentaires fermés sur Première naissance 2020
  14. Premières tontes 2020 Commentaires fermés sur Premières tontes 2020
  15. Nouvelles de mars… Commentaires fermés sur Nouvelles de mars…
  16. Toisons en microfilature Commentaires fermés sur Toisons en microfilature
  17. Départs de l’élevage Commentaires fermés sur Départs de l’élevage
  18. Bonjour 2020 Commentaires fermés sur Bonjour 2020
  19. Activités automnales Commentaires fermés sur Activités automnales