LE TRAVAIL DE LA LAINE

LE TRAVAIL DE LA LAINE :

La laine d’alpaga est une fibre haut de gamme réputée : elle est très fine, plus douce et plus résistante que la laine de mouton, et surtout beaucoup plus chaude ! Elle ne contient pas de suint (ce qui la rend agréable à travailler) et elle est hypoallergénique, c’est-à-dire non-irritante (idéale pour les personnes qui ne supportent pas le contact prolongé de la laine de mouton).

Fibre alpaga

Fibre de Niaouli de KerLA – Alpaga reproducteur – 2016

La laine de lama est beaucoup moins connue, car la majorité des lamas européens sont des lamas dits “classiques“ à la fibre rustique sans intérêt pour la laine. Pourtant les lamas lainés donnent une laine de qualité remarquable, qui peut parfois être supérieure à celle d’un alpaga moyen.

On trouve sur le marché des qualités très différentes : la finesse, la densité, la structure et la longueur des fibres varient d’un animal à l’autre, toutes les fibres d’alpaga sont loin de se valoir, certaines peuvent être grossières et piquantes. Des analyses de fibre sont indispensables pour connaître avec précision la qualité de fibre d’un animal, elles permettent à l’éleveur de faire des choix de croisement pour obtenir une laine toujours plus fine et plus douce.


Fibre alpaga

Fibre de Olympe de KerLA – alpaga huacaya grise – 2017

La fibre de l’alpaga huacaya, la plus courante et la plus connue, pousse perpendiculaire au corps. Elle doit être dense, fine, brillante, avec du crimp (belle ondulation naturelle  régulière), et le plus uniforme possible sur tout le corps. Elle doit comporter peu de poils de garde (longs poils plus épais).

Mèches alpaga suri

Mèches de ZINCALA, alpaga suri gris-rose – élevage KerLA – 2017

Chez l’alpaga suri, la fibre forme des mèches bien distinctes qui prennent naissance au plus près de la peau et doivent être denses, fines et lustrées. Plus lisse et plus difficile à filer que la fibre de huacaya, le suri est une fibre d’exception, surnommée « la fibre des dieux » dans les Andes. Il est préférable de la peigner plutôt que de la carder pour bien la valoriser.

Très souvent la laine d’alpaga disponible dans le commerce est de la laine blanche qui a été teinte. Pourtant il existe une palette de 22 teintes naturelles officielles chez l’alpaga !

Pour mon élevage j’ai sélectionné des alpagas de bonne origine à la fibre très fine et avec un large éventail de couleurs de toison pour proposer des laines naturelles, non teintes.

Beaucoup d’éleveurs français regroupent leur production pour l’expédier dans des filatures à l’étranger (Italie surtout) ; ils récupèrent des pelotes ou des produits tricotés, mais qui ne viennent pas de leurs propres toisons ! De plus le traitement industriel de ces laines ne préserve pas toutes les qualités de la fibre.

Mon choix est de travailler la plus grande partie de ma laine de manière artisanale, sur l’exploitation. Certes le prix du produit fini est beaucoup plus élevé, mais c’est gratifiant de maîtriser toute la filière, de l’animal au produit fini, et de pouvoir identifier l’animal producteur de chaque pelote…. De plus la laine filée main a des qualités uniques et permet des fils originaux uniques.

Pour le moment j’envoie encore une partie de mes toisons dans une des deux microfilatures françaises qui opèrent toison par toison (la Vallée des Saules dans le Nord, ou la Bardine en Gironde) : l’éleveur est certain de récupérer sa propre toison, travaillée dans la présentation de son choix. Le fil obtenu est plus régulier que celui filé à la main (ce qui convient davantage à certains clients), et le prix de la pelote est un peu moins élevé qu’avec un filage main, mais il n’y a pas l’originalité d’un produit filé main !

Je vous invite à découvrir les étapes du travail de la laine dans les pages suivantes, du tri de la toison à la pelote :