Nouvelle étape

Et voilà, une nouvelle étape arrive pour l’élevage KerLA, et pour le meilleur j’espère 🙂

J’ai enfin réussi à trancher pour franchir cette nouvelle étape, après de longues tergiversations et disputes avec moi-même 😉

J’adore ce que je fais, mais mes capacités de travail ont des limites qui hélas semblent se manifester de plus en plus à mesure que les années passent (je ne comprends vraiment pas pourquoi…).

ZOLA, ma belle matriarche suri

Donc la seule issue pour poursuivre sereinement, seule, mon travail autour de l’élevage, la transformation des laines et la formation, était de recalibrer l’activité : réduire la partie élevage, me donner plus de temps pour travailler la laine et aussi pour transmettre mes modestes compétences aux nouveaux amoureux de l’alpaga : cela me tient à coeur, d’une part à cause du grand n’importe quoi qui règne dans le monde de l’alpaga aujourd’hui, et d’autre part parce qu’on ne se refait pas… 25 années de prof, ça laisse des traces 😉

En ce début 2021, c’est la réduction de taille de l’élevage qui est en cours, et il a fallu commencer par la décision la plus difficile, que j’ai déjà évoquée le mois dernier : arrêter les suris pour me consacrer uniquement aux huacayas. D’ici fin avril, il ne restera comme suri sur la ferme que ma belle Zola, heureuse retraitée, et peut-être une autre femelle. Il n’y aura plus de mèches lustrées flottant au vent au milieu des galopades du soir… 🙁

Tous mes loulous suri auront donc rejoint leurs nouvelles familles avant fin avril (en Belgique, Lot-et-Garonne et Charente), et quelques huacayas vont également s’égailler à travers la France (Manche, Moselle, Charente…).

L’étape suivante se fera à l’automne, après la saison des mise-bas, il me faudra choisir les femelles qui partiront elles-aussi dans de nouvelles maisons pour poursuivre leur lignée, et quelques mâles aussi.

Mais attention, pas de tristesse dans tout ça, c’est une évolution réfléchie et logique, mes animaux ne partent pas n’importe où, je vais avoir des nouvelles 🙂 

Et moi je vais continuer, avec un cheptel plus réduit mais de qualité croissante, à travailler à l’amélioration de la fibre, mon objectif principal d’élevage. D’ailleurs (chut, on ne le dit pas encore) un nouvel étalon huacaya va arriver à KerLA dans quelques semaines pour apporter son exceptionnelle qualité…

Printemps précoce

SAÏGA explose de joie dans l’herbe nouvelle

Jamais encore je n’avais ouvert aux alpagas de nouvelles pâtures autour du 20 février : habituellement à cette date mes sols argileux sont encore des pataugeoires ! Mais cette année pas de raison de les en priver, et cette jeune herbe si tentante est excellente pour eux, c’est la meilleure de la saison !

La vie de l’élevage suit son cours en cette fin d’hiver si clémente… Les crias grandissent en beauté, les jeunes mecs travaillés par les hormones se bagarrent un peu plus souvent que d’habitude, les futures mamans s’arrondissent (premières naissances prévues dans la 2e quinzaine d’avril !).

Mon beau SANGHA part dans un élevage de suri en Belgique, après le délai sanitaire de rigueur de 3 mois.

Les stages reprennent à partir de mi-mars, et des animaux s’apprêtent à partir vers leurs nouveaux lieux de vie : des élevages en Normandie, en Charente, en Lot-et-Garonne, et même en Belgique 🙂

Des moments déchirants à prévoir, les alpagas sont si attachants que les départs sont toujours très durs à vivre. Et cette saison plus encore, puisque j’ai pris la décision, après plusieurs années de tergiversations, d’arrêter définitivement l’élevage des alpagas suri.

Ce sont pourtant mes préférés, ces élégants poilus aux longues mèches folles, mais la demande est encore trop faible sur le marché français pour n’élever qu’eux, et travailler correctement à la fois avec les suris et les huacayas implique des coûts d’élevage trop élevés, avec un trop grand nombre de reproducteurs à gérer…

Mon jeune SULTAN, tout juste 6 mois, fils de Snowmass ROYAL STARZ et de l’une de mes meilleures femelles, a toutes les cartes pour être un futur étalon remarquable.

Et hélas je commence à ressentir les excès du travail physique intense de ces 10 dernières années, sans une seule journée de repos : mon corps me dit de ralentir, et comme je ne l’écoute pas trop il vient de m’envoyer un bon coup de semonce qui m’a fait réfléchir…

Donc cela implique de faire de nouveaux choix d’élevage, pour ramener le nombre d’animaux à une échelle plus adaptée aux capacités de travail d’une personne seule et plus de première jeunesse 🙂 

Alors après l’arrêt de l’élevage de lamas en 2018, je confie maintenant à d’autres le soin de poursuivre mes bonnes lignées suri, pour me concentrer désormais sur mon groupe d’alpagas huacaya à la qualité grandissante.

 

Déjà février…

Hier nous fêtions (bien tristement) l’année nouvelle, et déjà nous voici dans un mois de février bien avancé… Où passent les jours ?

Ici à l’élevage les journées sont trop courtes pour tout faire, et les soirées sont consacrées au travail de la laine (tri, cardage, filage…). Dire que certains me demandent comment je fais pour ne pas m’ennuyer sans télé 😉  Si seulement je pouvais trouver un peu plus de temps pour lire, c’est ça qui me manque le plus.

Les crias de 2020 ont bientôt tous atteint leurs 6 mois, la plupart sont sevrés, certains sont déjà partis rejoindre leur nouvelle famille, et l’éducation des uns et des autres se fait petit à petit. C’est compliqué de tout gérer seule, mais avec l’habitude, ça le fait.

Le week-end dernier, mes jolies Rumba (19 mois) et Symphonie (8 mois) sont parties s’installer dans la Sarthe, et ma belle grise handicapée Olympe (5 ans) les a accompagnées, en placement. Ainsi les filles sont trois pour découvrir leur nouvelle vie, c’est toujours plus rassurant de former un groupe. Olympe va être chouchoutée, et elle aura des conditions de vie plus adaptées : ici elle était obligée de marcher beaucoup pour suivre le groupe, et c’était très dur pour ses pauvres articulations, surtout dans les pâtures détrempées de l’hiver.