Première naissance 2020

La saison des naissances 2020 est lancée, avec l’arrivée d’un joli mâle gris prénommé SAPHIR, fils de PHANTASIA et CANTABRIA.

Une arrivée mouvementée, à seulement 10 mois 1/2 de gestation. La mise-bas a sans aucun doute été provoquée par la tonte, réalisée quelques heures plus tôt. Cela n’était jamais arrivé encore dans l’élevage que la tonte induise une mise-bas prématurée, mais c’est toujours un risque.

Quand je suis entrée dans l’écurie à 7h00 mardi matin, j’ai trouvé une mère en état de choc (la naissance a sans doute longue et difficile) et un cria très faible et en hypothermie, visiblement prématuré (oreilles molles, ligaments immatures aux genoux et aux pâturons, donc incapable de se tenir debout)…

Mardi était encore une journée de tonte avec Pascal le tondeur, mais par bonheur j’avais de l’aide pour la contention, si bien que j’ai pu consacrer le temps nécessaire au petit nouveau tout au long de la journée : traite de la mère pour donner le précieux colostrum au bébé, soins divers, visite du véto par précaution pour Phantasia tremblante comme une feuille, re-soins divers…

Finalement en soirée j’ai réussi à faire tenir le cria debout sous la mère et à le faire téter. Et progressivement il a pris de l’assurance. Le lendemain midi il réussissait à se lever seul et à téter seul. Pas longtemps, mais suffisamment pour lui donner l’énergie nécessaire pour se battre.

Et ma Phantasia, pourtant dotée d’un bon petit caractère, s’est révélée tout de suite une maman admirable, patiente et calme, me laissant faire absolument tous les soins nécessaires, à elle comme à son cria 🙂

 

Premières tontes 2020

Mon beau Panache, tout sage et tout calme, un bonheur ce loulou.

La chaleur inhabituelle de ce mois d’avril fait souffrir les alpagas 🙁

Comme, du fait du confinement, je n’aurai pas d’aide pour les deux jours de tonte prévus en mai avec le tondeur, la cadence sera moins rapide et nous ne pourrons pas faire tout le troupeau dans la temps imparti. J’ai donc décidé de prendre de l’avance en tondant quelques animaux moi-même.

Dans le cadre de l’entraide agricole, ma collègue Suzanne Coldham est venue me donner un précieux coup de main pour la contention, j’irai lui rendre la pareille ce week-end.

Un premier groupe de 17 alpagas est donc tondu, et savoure visiblement d’avoir été délesté de sa toison.

 

 

Cela me permet aussi d’affiner ma technique de tonte, et de prendre de l’expérience : les 1ers tondus cette année ont nettement moins bon aspect que les derniers passés sous ma tondeuse ! Mes excuses à Odin et Niaouli, premiers tondus, et cobayes pour me refaire la main  🙂

 

 

Nouvelles de mars…

En ce mois de mars 2020, c’est l’impression irréelle de vivre le scénario d’un mauvais film de science-fiction… Le monde quasi à l’arrêt, des millions de personnes confinées chez elles sur toute la planète, un virus incontrôlable, la « distanciation sociale » devenue une norme, et à l’inverse la vie sauvage et la nature qui retrouvent leur éclat. Aurait-on pu imaginer cela quand on se souhaitait distraitement les voeux de bonne année en janvier dernier ?

Situation inédite. Invraisemblable et indescriptible. Dramatique (surtout quand la santé est atteinte). Inquiétante pour tous (l’économie à l’arrêt, nous allons être nombreux à y laisser des plumes et peut-être à ne pas pouvoir nous relever). Fascinante aussi, car jamais le lendemain, proche comme lointain, n’a été ainsi remis en question…

Et si on pouvait entretenir l’espoir que quelque chose de positif naisse de cette crise ? Une prise de conscience globale de l’absurdité du fonctionnement de nos sociétés actuelles, et un rejet des engrenages d’un système mondialisé malade qui nous ont précipités dans cette crise ? On peut toujours rêver…

En attendant mes animaux me font garder les pieds sur terre, car au final le confinement ne modifie guère la vie quotidienne quand on est éleveur, je n’ai pas davantage de temps pour la télé (que je n’ai pas), les réseaux sociaux, ou toute autre activité « de confinement » véhiculée par le Web, ce réseau nourricier dont nous sommes tous devenus ultra-dépendants (en mal chronique d’une connexion stable sur ma ligne fatiguée au fond de ma campagne, je me trouve bien en peine, les jours sans, pour garder contact avec mes clients ou réaliser les taches administratives !).

REFLET de KerLA Education à la longe

Donc la vie de la ferme continue…

En mars, en plus du travail de nourrissage et de nettoyage quotidien, ce sont les sevrages qui se poursuivent, les jeunes qu’il faut éduquer au licol et à la marche en longe, l’ouverture de pâtures d’herbe nouvelle à tout ce petit monde, avec la vérification des clôtures, des barrières à fabriquer…

Début mars deux petits gars sont partis rejoindre leur nouvelle famille sur Lyon : ROMÉO et RAFT… Deux grands copains qui partent ensemble, le rêve pour un éleveur.

NIAOULI de KerLA

Les autres départs prévus aussi en mars, eux, se trouvent reportés à cause du confinement :

– mon étalon NIAOULI ne rejoindra finalement son nouveau lieu de vie (et de travail) dans l’Allier qu’après la reprise de la circulation. Il aura ainsi le plaisir de faire quelques saillies ici avant de partir 🙂

– les deux petites jeunes RÉBÉA et RAFALE, qui partent ensemble vers une nouvelle vie, attendront aussi la fin de crise pour rejoindre la Charente-Maritime.

 

Visites d’élevage, visites d’achat et stages resteront bien entendu suspendus aussi longtemps qu’il faudra.

Bon courage à tous pour traverser cette période difficile.

 

 

 

Toisons en microfilature

Envoi de 23kg de toisons à la microfilature de la Bardine (Gironde) cette semaine.

23kg de belles fibres blanches, grises et appaloosa groupées en 7 lots de qualité royal baby (16-18 microns) et baby (18-21 microns), et 1 lot en 22 microns !

Un 2e lot partira bientôt avec des toisons fauve et marron.

Sacré challenge pour faire rentrer des quantités pareilles dans un carton de 90cm x 50cm x 45cm (quasi les dimensions maximales de la Poste) ! Merci les sacs à vide d’air et l’aspirateur  🙂

Il m’est impossible de tout transformer manuellement à la ferme, et la demande de toisons brutes de qualité est encore faible, j’envoie donc une partie de mes toisons en microfilature tous les 2 ou 3 ans : la fibre est respectée (pas de produit chimique) et la traçabilité est totale, les animaux producteurs peuvent être identifiés sur le produit fini :

 

 

 

Départs de l’élevage

Les départs hivernaux continuent, toujours avec le même pincement au coeur pour l’éleveur…

Cette semaine c’est mon beau Prince Noir, 27 mois, qui a pris la route vers sa nouvelle maison, dans le Puy de Dôme, au Mont Dore. Avec son caractère en or et sa magnifique fibre noire brillante, longue, dense et très fine, il va faire un super reproducteur.

Ah s’il était possible de tous les garder, ces loulous ! Et plus encore ceux qui, comme Prince, nous marquent par leur caractère exceptionnel. J’ai beaucoup hésité à le garder ici, ce petit bonhomme, mais sa génétique côté maternel comme paternel est à la base de mon cheptel, ça n’avait pas de sens. En élevage il faut avancer, amener du sang nouveau pour diversifier les génétiques au sein du troupeau…

Reste un principe fondamental : s’assurer (autant que possible) que nos alpagas partent dans de bonnes maisons où ils vont être bien traités.

C’est pourquoi cela fait toujours très plaisir à un éleveur de recevoir des nouvelles et des photos des animaux vendus, même des années après. Surtout des années après !