Quelques nouvelles…

Dix semaines sans écrire dans la rubrique Actualités… Un record ! Le printemps et ce début d’été ont été plus que chargés, et j’ai sans cesse remis au lendemain…

La suite des naissances, pour commencer : 10 nouveaux crias ont vu le jour depuis le dernier article… Toujours une grosse majorité de femelles… Pourvu que ça dure avec les mise-bas de l’été, ce serait sympa d’avoir pour une fois une année à dominante féminine !

Hélas le destin a été cruel, car la plus jolie de ces femelles, une des plus attendues, ne m’aura enchantée de sa présence que 5 jours. Ma jolie Romance est née le 28 mai, mais s’est envolée vers d’autres prairies le 2 juin au soir… Son magnifique petit corps n’était pas fait pour vivre, sa maman Iroise le savait et me le montrait par son comportement. C’est très étrange cet instinct des animaux. J’y ai pourtant cru, naïvement, j’ai tout fait pour la sauver, elle était si adorable. J’ai eu le coeur brisé et l’envie de tout arrêter. quand elle s’est éteinte dans mes bras. Les naissances suivantes ont eu du mal à ranimer la flamme.

L’arrivée de chacun de ces crias s’accompagne d’un stress intense, mais aussi d’un bonheur indescriptible : c’est une grande satisfaction d’aider à donner la vie à un petit être que l’on soignera, que l’on éduquera, que l’on accompagnera vers son destin d’animal de compagnie – et en aucun cas d’animal de boucherie (au grand jamais je ne pourrais élever des animaux destinés à la consommation !).

Hirondelle explique aux petites Roxane et Rivana qu’on ne touche pas à son cria Rosée.

Bien sûr parfois un cria me fait vibrer davantage – parce qu’il y a un lien spécial, que la maman a une importance particulière, ou que c’est le résultat réussi d’un mariage bien choisi (objectif de tout éleveur)… Mais toutes ces petites bouilles comptent pour moi, et sont ma raison de continuer cette vie difficile et hélas parfois rude et ingrate d’agricultrice-éleveuse.

 

Premières femelles de l’année

Après le petit Rio, premier né de 2019, qui m’a causé des frayeurs à cause d’une fuite urinaire par le cordon ombilical pendant une semaine, trois petites femelles pleines d’énergie se sont invitées dans ce monde en l’espace de 10 jours :

  • la belle ROXANE, digne fille et portrait craché de sa superbe et super maman Oxane (papa Cantabria est juste là pour l’état civil, semble-t-il).
  • la craquante RIVANA, fille de Nirvana et de l’élégant Zizhou.
  • la pétillante RÉGLISSE, noire comme du charbon et très effrontée, fille d’Oasis et de Cantabria.

RÉGLISSE – née le 06/05/19

Première naissance 2019

La saison 2019 est lancée… La belle Odyssée a ouvert le bal mercredi 17 avril avec un adorable petit mâle noir, fils de mon fier Madeg de KerLA. Pour son premier bébé, Odyssée fait preuve d’un instinct maternel exemplaire, c’est une super maman.

Un mâle… j’espère que le même scénario que l’an dernier n’est pas en train de se produire : 6 mâles d’affilée avant d’avoir la première femelle 🙁

Réponse très bientôt, car plusieurs autres femelles sont sur les starting-blocks : le beau week-end qui s’annonce, allié à la pleine lune superbe de ce soir, pourrait bien les inspirer ! D’autant qu’il ne faut pas déroger à la tradition bien ancrée à KerLA : avoir un maximum de naissances le dimanche 🙂

Éducation au licol

Premier licol pour Qobra – mars 2019

Cette semaine à KerLA, c’était chaque matin séance d’éducation pour les crias mâles sevrés.

Éduquer le cria à se laisser manipuler, à accepter le licol et à marcher en longe est une étape indispensable de l’élevage. Plus cette éducation de base est faite tardivement, plus elle est difficile : l’idéal est de la pratiquer après le sevrage, entre 6 et 8 mois.

Nombre de vendeurs proposent pourtant des alpagas non manipulés, et les acquéreurs se retrouvent bien embarrassés pour mettre la main sur leurs animaux et assurer les soins nécessaires à leur bonne santé (injections, médicaments oraux, taille des onglons, examen vétérinaire, prise de sang…). Un alpaga ne doit pas être imprégné (c’est-à-dire vous coller comme un petit chien et envahir votre espace), mais l’inverse n’est pas une sinécure non plus pour le novice qui s’est laissé appâter par le petit prix d’un animal sans songer à ces « aspects secondaires »… pourtant essentiels !

Un alpaga n’est pas un jouet !

Avec le retour des beaux jours la demande pour l’achat d’animaux augmente, et le nombre d’annonces de particuliers ou d’éleveurs amateurs de petits camélidés explose sur les sites comme le Bon Coin 🙁 

Copie d’écran d’une annonce récente sur le Bon Coin

Pour la plupart ces animaux proposés à la vente à bas prix ne sont pas éduqués, sont de génétique inconnue, sans suivi sanitaire, ils sont rarement identifiés et encore moins enregistrés au SIRECAm (obligatoire pourtant). Mais surtout, ils sont souvent vendus seuls sans que le vendeur se soucie de savoir si l’acheteur a déjà des alpagas ; ou bien vendus en couple mâle/femelle, très attractif avec la perspective d’avoir rapidement un petit pour rentabiliser l’achat…

Les réseaux sociaux véhiculent des images d’adorables jeunes alpagas traités comme de petits chiens, déclenchant chez les gens l’envie de se procurer une de ces craquantes petites peluches vivantes, sans prendre le temps de bien se renseigner et de se former…

Les vendeurs irresponsables, eux, encaissent le revenu d’une vente non déclarée qui n’implique aucun conseil, aucun suivi après-vente, et aucune responsabilité morale ou juridique…

Aux éleveurs professionnels le rôle ingrat de tirer la sonnette d’alarme et d’essayer d’informer pour prévenir des problèmes graves qui peuvent survenir 🙁  Et ensuite de rattraper les choses (si c’est possible) quand les propriétaires novices, accablés, viennent leur demander des conseils et de l’aide…

<iframe src= »https://www.facebook.com/plugins/post.php?href=https%3A%2F%2Fwww.facebook.com%2Fpermalink.php%3Fstory_fbid%3D2187939044791645%26id%3D100007267125664&width=500″ width= »500″ height= »750″ style= »border:none;overflow:hidden » scrolling= »no » frameborder= »0″ allowTransparency= »true » allow= »encrypted-media »></iframe>

 

 

Nouveaux parcs

Ce mois de février incroyablement clément a permis aux alpagas d’inaugurer plus tôt que prévu de nouveaux parcs :

  • le parc des mise-bas, pour les futures mamans du printemps : 1/2 hectare de pâture saine bien protégée de haies, entre les écuries et la forêt. Les épaisses haies d’aubépine à l’Ouest et à l’Est ont été élaguées sur plusieurs mètres afin de dégager les talus et leurs arbres : chênes, poiriers sauvages, noisetiers et aubépines, qui vont pouvoir se développer librement… Les clôtures ont été entièrement refaites, travail de tout un hiver ! Les bébés peuvent arriver en toute sécurité 🙂

  • un nouveau parc pour les mâles, extension de leur pâture existante créée dans la grande parcelle à foin.

Ostéopathie pour alpagas

Depuis juillet 2018, les alpagas de KerlA sont suivis régulièrement par un vétérinaire ostéopathe, à raison d’une matinée toutes les 3 ou 4 semaines.

Une expérience fantastique avec un praticien hors-pair, attentif au animaux, calme et incroyablement efficace. Tous les crias de l’année sont passés entre ses mains (certains plusieurs fois), les crias à venir seront systématiquement manipulés avant leurs 2 mois, et l’intégralité du cheptel sera suivie de près.

Que ce soit au niveau du comportement (stress, peur irraisonnée, problème de relation du cria avec la mère) ou au niveau purement physique (blocage organique) – le tout étant souvent lié – , les résultats sont fascinants… Difficile de résumer ici en quelques lignes, je développerai des exemples précis dans la page dédiée aux soins ostéo.

Sevrage des crias

Le sevrage des crias 2018 a commencé en janvier, avec un premier groupe de 6 jeunes nés en juin.

Ada, ma vieille grise, prend son rôle de nounou très au sérieux.

Première étape : séparation en douceur d’avec les mamans (qui rejoignent les copines dans un autre parc), isolement à l’écurie pendant quelques jours, avec la présence rassurante d’une nounou (ma vieille Ada, rompue à ce rôle, très attentive aux bébés).

 

 

Deuxième étape : vie en autonomie pour quelques semaines entre jeunes, dans le parc de sevrage, avec manipulations régulières et apprentissage du licol.

 

Troisième étape : les filles rejoignent le groupe des jeunes femelles de l’année précédente, et les garçons le groupe des jeunes mâles (et bien sûr les crias vendus partent pour leur nouvelle maison).