Joies et peines de juin

Juin et début juillet 2020 : naissances, coups durs, castrations, départs… Un condensé de la vie d’élevage, avec ses joies et ses peines.

Cette année le foin a été fait plus tôt que d’habitude : la météo exceptionnelle a permis de faire une superbe récolte dès la 3e semaine de mai (une première, car ici je n’avais pu faucher avant début juin). Mais les semaines suivantes n’ont pas été de tout repos pour autant !

Côté naissances, de bien belles arrivées :

– 3 superbes petites femelles (SABA la blanche tachetée, SATINE la suri marron et STIRWENN la boule de laine blanche)

 

– 4 petits mâles (SHERKHAN l’appaloosa et SANGHA le suri bicolore, nés exactement en même temps, SAMOURAI le gris-rose à la naissance très mouvementée, et l’adorable SIRIUS).

Mais aussi de grosses angoisses :

– une hémorragie post-partum pour ma douce PERLE, après la naissance difficile de son beau SHERKHAN (merci à mes vétos pour leur rapidité d’intervention et leur efficacité, et à Perle pour être aussi adorable et facile à soigner)

PERLE et son cria SHERKHAN

– une grosse dystocie pour ONDINE, la plus difficile que j’ai eue à gérer seule ! La mise-bas commençait bien, mais les pattes antérieures du cria étaient restées allongées le long du corps : aucun véto n’étant disponible rapidement, j’ai dû me résoudre à intervenir seule. Et le miracle a eu lieu : j’ai réussi à extraire le cria sans abîmer la mère, et à ranimer le petit SAMOURAI qui ne respirait plus à la sortie… Beaucoup d’émotion !

ONDINE et son cria SAMOURAI

Hélas aussi un autre moment très difficile : ma vieille DARLING, pour son dernier cria, a commencé en pleine nuit une expulsion par le siège. Avec une femelle plus jeune, le cria n’aurait pas pu sortir ainsi, en présentation arrière avec les pattes repliées sous lui, et une intervention humaine aurait permis de sortir le cria, mort certes, mais avec un minimum de dégâts pour la mère. Mais ma brave Darling a voulu assurer la naissance seule, et le cria est hélas resté bloqué à mi-corps. Jusqu’à mon arrivée elle s’est épuisée à essayer de l’expulser, et a subi des dégâts internes graves (ligaments étirés, hématome probablement, écrasement de la moelle épinière peut-être) qui l’ont laissée paralysée de l’arrière-train. Le vétérinaire-ostéo est venu plusieurs fois pour elle, mais seul le temps pourra dire si les dégâts sont irréparables… Depuis 15 jours elle vit couchée, sans pouvoir se lever, mais toujours alerte, elle mange et boit… Tant qu’elle ne capitule pas, je continue à y croire. Elle me dira quand il sera temps d’abandonner la lutte si elle ne parvient pas à retrouver l’usage de ses pattes pour profiter d’une retraite bien méritée  🙁

Pour finir sur une note plus heureuse, début juillet 4 jeunes mâles ont pris la route de la Normandie pour une nouvelle vie dans une jolie propriété  🙂

RADJAH, RÊVE, RELAX et REBELLE dans leur nouvelle demeure

 

Crias de mai

Et voilà, le mois de mai s’en est déjà allé, il a fait cadeau de 3 jolis crias à KerLA : 2 mâles (legris SAPHIR et le blanc SOYEUX) et 1 femelle blanche teintée de fawn, SYMPHONIE.

C’est compliqué d’exprimer le ressenti d’un éleveur passionné pendant cette saison des naissances : excitation et inquiétude mêlées, tension de l’attente qui peut être interminable (les gestations vont de 10 mois 1/2 à 13 mois !), interrogations sur le cria à venir et les choix de croisement faits (ce sont les ventes qui font vivre l’élevage, et la fourchette des prix est très large selon le sexe, la couleur et la qualité des animaux)…

Sans parler des réveils au petit matin pour vérifier que la femelle qui semblait mal à l’aise la veille au soir ne fait pas son cria à l’aube, des rendez-vous reportés à l’automne pour ne pas risquer de devoir s’absenter au mauvais moment, des fausses alertes, des coups de stress, des bouffées d’angoisse quand un problème surgit, des appels urgents au véto (rares, heureusement)…

Ces moments de stress, je viens de les vivre en force avec ma belle Nacarat (les photos qui suivent sont celles de la naissance de son cria Symphonie dimanche 31 mai) : mi-mai elle m’a fait une torsion utérine, avec des symptômes de gêne et de forte douleur qui ne trompaient pas… Le véto a réussi à réduire la torsion, mais les symptômes, bien qu’atténués, ont continué, la pauvre Nacarat était complètement déformée, se creusait, en oubliait de manger… Autant dire que j’attendais la mise-bas avec beaucoup d’anxiété et je craignais de gros soucis… Y compris le matin où le travail a commencé, elle était vraiment mal, malgré mon expérience des mise-bas je n’arrivais pas à cerner ce qui n’allait pas…

Et puis est arrivé ce moment fantastique, quand le bout du nez pointe, et puis le bout des deux pattes antérieures : à ce stade, en principe, tout s’annonce bien… Nouveau soupir de soulagement quand la petite bouche du bébé s’ouvre et que ses naseaux s’agitent. il respire, il est vivant (la crainte du mort-né est toujours présente, je ne l’ai vécu qu’une seule fois, c’est très dur)…

Ensuite, c’est la routine… Souvent j’aide la maman, par une légère traction à chaque contraction, pour faciliter la naissance. Et dès le cria expulsé, vérification anxieuse de son sexe, et de l’absence de défauts physiques… Et pour l’anecdote, ce cria de Nacarat était si gros que je m’étais mise en tête que c’était un mâle, je n’ai même pas pensé tout de suite à vérifier le sexe !

Puis les gestes de soins de routine, qui nous ramènent toujours à l’essentiel et au basique de la vie : mâle ou femelle, quelle que soit la couleur, il suffit à notre bonheur d’éleveur que le cria soit en bonne santé, qu’il se lève et tête rapidement, que la mère soit maternelle et ait du lait, bref, que tout se passe bien 🙂

Le nouveau cria est accueilli par le groupe

Première naissance 2020

La saison des naissances 2020 est lancée, avec l’arrivée d’un joli mâle gris prénommé SAPHIR, fils de PHANTASIA et CANTABRIA.

Une arrivée mouvementée, à seulement 10 mois 1/2 de gestation. La mise-bas a sans aucun doute été provoquée par la tonte, réalisée quelques heures plus tôt. Cela n’était jamais arrivé encore dans l’élevage que la tonte induise une mise-bas prématurée, mais c’est toujours un risque.

Quand je suis entrée dans l’écurie à 7h00 mardi matin, j’ai trouvé une mère en état de choc (la naissance a sans doute longue et difficile) et un cria très faible et en hypothermie, visiblement prématuré (oreilles molles, ligaments immatures aux genoux et aux pâturons, donc incapable de se tenir debout)…

Mardi était encore une journée de tonte avec Pascal le tondeur, mais par bonheur j’avais de l’aide pour la contention, si bien que j’ai pu consacrer le temps nécessaire au petit nouveau tout au long de la journée : traite de la mère pour donner le précieux colostrum au bébé, soins divers, visite du véto par précaution pour Phantasia tremblante comme une feuille, re-soins divers…

Finalement en soirée j’ai réussi à faire tenir le cria debout sous la mère et à le faire téter. Et progressivement il a pris de l’assurance. Le lendemain midi il réussissait à se lever seul et à téter seul. Pas longtemps, mais suffisamment pour lui donner l’énergie nécessaire pour se battre.

Et ma Phantasia, pourtant dotée d’un bon petit caractère, s’est révélée tout de suite une maman admirable, patiente et calme, me laissant faire absolument tous les soins nécessaires, à elle comme à son cria 🙂

 

Premières tontes 2020

Mon beau Panache, tout sage et tout calme, un bonheur ce loulou.

La chaleur inhabituelle de ce mois d’avril fait souffrir les alpagas 🙁

Comme, du fait du confinement, je n’aurai pas d’aide pour les deux jours de tonte prévus en mai avec le tondeur, la cadence sera moins rapide et nous ne pourrons pas faire tout le troupeau dans la temps imparti. J’ai donc décidé de prendre de l’avance en tondant quelques animaux moi-même.

Dans le cadre de l’entraide agricole, ma collègue Suzanne Coldham est venue me donner un précieux coup de main pour la contention, j’irai lui rendre la pareille ce week-end.

Un premier groupe de 17 alpagas est donc tondu, et savoure visiblement d’avoir été délesté de sa toison.

 

 

Cela me permet aussi d’affiner ma technique de tonte, et de prendre de l’expérience : les 1ers tondus cette année ont nettement moins bon aspect que les derniers passés sous ma tondeuse ! Mes excuses à Odin et Niaouli, premiers tondus, et cobayes pour me refaire la main  🙂

 

 

Nouvelles de mars…

En ce mois de mars 2020, c’est l’impression irréelle de vivre le scénario d’un mauvais film de science-fiction… Le monde quasi à l’arrêt, des millions de personnes confinées chez elles sur toute la planète, un virus incontrôlable, la « distanciation sociale » devenue une norme, et à l’inverse la vie sauvage et la nature qui retrouvent leur éclat. Aurait-on pu imaginer cela quand on se souhaitait distraitement les voeux de bonne année en janvier dernier ?

Situation inédite. Invraisemblable et indescriptible. Dramatique (surtout quand la santé est atteinte). Inquiétante pour tous (l’économie à l’arrêt, nous allons être nombreux à y laisser des plumes et peut-être à ne pas pouvoir nous relever). Fascinante aussi, car jamais le lendemain, proche comme lointain, n’a été ainsi remis en question…

Et si on pouvait entretenir l’espoir que quelque chose de positif naisse de cette crise ? Une prise de conscience globale de l’absurdité du fonctionnement de nos sociétés actuelles, et un rejet des engrenages d’un système mondialisé malade qui nous ont précipités dans cette crise ? On peut toujours rêver…

En attendant mes animaux me font garder les pieds sur terre, car au final le confinement ne modifie guère la vie quotidienne quand on est éleveur, je n’ai pas davantage de temps pour la télé (que je n’ai pas), les réseaux sociaux, ou toute autre activité « de confinement » véhiculée par le Web, ce réseau nourricier dont nous sommes tous devenus ultra-dépendants (en mal chronique d’une connexion stable sur ma ligne fatiguée au fond de ma campagne, je me trouve bien en peine, les jours sans, pour garder contact avec mes clients ou réaliser les taches administratives !).

REFLET de KerLA Education à la longe

Donc la vie de la ferme continue…

En mars, en plus du travail de nourrissage et de nettoyage quotidien, ce sont les sevrages qui se poursuivent, les jeunes qu’il faut éduquer au licol et à la marche en longe, l’ouverture de pâtures d’herbe nouvelle à tout ce petit monde, avec la vérification des clôtures, des barrières à fabriquer…

Début mars deux petits gars sont partis rejoindre leur nouvelle famille sur Lyon : ROMÉO et RAFT… Deux grands copains qui partent ensemble, le rêve pour un éleveur.

NIAOULI de KerLA

Les autres départs prévus aussi en mars, eux, se trouvent reportés à cause du confinement :

– mon étalon NIAOULI ne rejoindra finalement son nouveau lieu de vie (et de travail) dans l’Allier qu’après la reprise de la circulation. Il aura ainsi le plaisir de faire quelques saillies ici avant de partir 🙂

– les deux petites jeunes RÉBÉA et RAFALE, qui partent ensemble vers une nouvelle vie, attendront aussi la fin de crise pour rejoindre la Charente-Maritime.

 

Visites d’élevage, visites d’achat et stages resteront bien entendu suspendus aussi longtemps qu’il faudra.

Bon courage à tous pour traverser cette période difficile.

 

 

 

Toisons en microfilature

Envoi de 23kg de toisons à la microfilature de la Bardine (Gironde) cette semaine.

23kg de belles fibres blanches, grises et appaloosa groupées en 7 lots de qualité royal baby (16-18 microns) et baby (18-21 microns), et 1 lot en 22 microns !

Un 2e lot partira bientôt avec des toisons fauve et marron.

Sacré challenge pour faire rentrer des quantités pareilles dans un carton de 90cm x 50cm x 45cm (quasi les dimensions maximales de la Poste) ! Merci les sacs à vide d’air et l’aspirateur  🙂

Il m’est impossible de tout transformer manuellement à la ferme, et la demande de toisons brutes de qualité est encore faible, j’envoie donc une partie de mes toisons en microfilature tous les 2 ou 3 ans : la fibre est respectée (pas de produit chimique) et la traçabilité est totale, les animaux producteurs peuvent être identifiés sur le produit fini :

 

 

 

Départs de l’élevage

Les départs hivernaux continuent, toujours avec le même pincement au coeur pour l’éleveur…

Cette semaine c’est mon beau Prince Noir, 27 mois, qui a pris la route vers sa nouvelle maison, dans le Puy de Dôme, au Mont Dore. Avec son caractère en or et sa magnifique fibre noire brillante, longue, dense et très fine, il va faire un super reproducteur.

Ah s’il était possible de tous les garder, ces loulous ! Et plus encore ceux qui, comme Prince, nous marquent par leur caractère exceptionnel. J’ai beaucoup hésité à le garder ici, ce petit bonhomme, mais sa génétique côté maternel comme paternel est à la base de mon cheptel, ça n’avait pas de sens. En élevage il faut avancer, amener du sang nouveau pour diversifier les génétiques au sein du troupeau…

Reste un principe fondamental : s’assurer (autant que possible) que nos alpagas partent dans de bonnes maisons où ils vont être bien traités.

C’est pourquoi cela fait toujours très plaisir à un éleveur de recevoir des nouvelles et des photos des animaux vendus, même des années après. Surtout des années après !

Activités automnales

Saillies et naissances sont entre parenthèses pour 6 mois, mais l’activité ne manque pas sur l’élevage en cet automne pluvieux !

Beaucoup de stages cette année en octobre et novembre : stages laine, stages découverte des alpagas (sur 1/2 journée ou 1 journée). Toujours de super moments de rencontres et de partage, j’adore cet aspect de mon activité !

Beaucoup de travail également pour préparer le départ des alpagas qui vont découvrir d’autres horizons entre octobre 2019 et février 2020. Il faut réorganiser les groupes, sevrer certains crias, remettre tout ce petit monde au licol, vermifuger, tailler les onglons, former les acheteurs qui le souhaitent… Moments difficiles que ces départs, la plupart de ces alpagas sont nés ici 🙁  Mais c’est la loi de l’élevage, et tous vont avoir une belle vie dans leurs nouvelles demeures respectives : Haute-Vienne, Lot-et-Garonne, Puy de Dôme, Ardèche, Allier, Seine Maritime… des destinations très variées 🙂

Ces mâles sont déjà partis où vont partir dans les mois qui viennent :

Exceptionnellement cette année, beaucoup de femelles ont quitté ou vont quitter l’élevage cet automne ou cet hiver, certaines avec leur cria 2019, d’autres après sevrage. Je me suis fixé un nombre de reproductrices et de naissances annuelles à ne pas dépasser, afin de pouvoir continuer à m’occuper au mieux de tout ce petit monde. Or une dizaine de petites jeunes nées dans l’élevage en 2017 et 2018 restent ici comme futures reproductrices, et j’en garde aussi plusieurs de 2019, donc il faut donc faire des choix de vente parmi les courants de sang très présents dans le cheptel. Voici les femelles qui quittent le nid en 2019-2020 :

Automne 2019

L’arrivée de l’automne marque la fin de la saison 2019 : dernières naissances, dernières vérifications de saillies, avant une longue pause de 6 mois (reprise de ces activités en avril prochain)…

La saison des naissances s’est terminé par une série de mâles (heureusement elle avait commencé par une longue série de femelles !). Ces petits gars sont tous plus jolis les uns que les autres, choisir lesquels vendre va être très difficile ! Les 3 premiers crias de mon mâle Niaouli sont particulièrement prometteurs :

RÉGAL de KerLA

Et l’étonnant cria noir et blanc de ma belle Giroflée, avec sa fibre très brillante, sera très probablement un digne successeur de son père Madeg (qui part pour un autre élevage).

Ma douce Patience m’a donné avec Cantabria un très beau petit mâle bay black à la fibre déjà incroyablement dense, brillante et crimpée, j’ai hâte de le voir grandir.

Pour les dernières saillies de la saison, j’ai l’immense privilège d’accueillir pendant quelques semaines à KerLA un reproducteur d’exception : le magnifique Snowmass Royal Starz, de l’élevage Alpaca Arte, mâle superbement conformé à la toison de qualité exceptionnelle. Il devrait me donner – si tout va bien – 5 ou 6 crias de grande qualité en fin d’été prochain 🙂

 

Petite escapade à Janvry

Le WE des 14/15 septembre a eu lieu la première fête des camélidés à Janvry, dans l’Essonne. Un rassemblement initié par l’association des grands camélidés, qui avait invité l’AFLA (association française des lamas et alpagas) à se joindre à l’organisation.

Méfiants, plutôt attirés par l’autre concours organisé dans l’Ain en octobre, les éleveurs d’alpagas ont boudé Janvry, certains se sont même désistés au dernier moment alors qu’ils s’étaient inscrits, mettant les organisateurs dans l’embarras 🙁

Le concours a tout de même eu lieu, sans réelle portée sur le plan des résultats du fait du peu de participants, mais très instructif. Même si une classe ne comporte qu’un ou deux animaux, la première place n’est attribuée par les juges que si les alpagas ont la qualité requise pour cette récompense, et le commentaire qui accompagne le jugement permet de se positionner correctement malgré l’absence de concurrence.

J’avais amené 7 mâles à Janvry, tous ont fait bonne figure et je n’ai pas regretté le déplacement, j’ai pu conforter mon opinion sur certains de mes animaux : ainsi mon jeune gris Panache a confirmé tout le bien que je pensais de lui. Et pour mon beau Niaouli les doutes que j’avais ont été levés, il restera donc bien comme reproducteur à l’élevage !

L’ambiance était là, l’animation permanente, le public très, très nombreux tout au long des deux jours. Un public curieux, intéressé, et dans l’ensemble respectueux des animaux. Beaucoup de questions, d’explications, de pédagogie, y compris au micro pour bien expliquer les particularités et les besoins des petits camélidés. 

Un bilan très positif donc. J’ai rarement la possibilité de me déplacer pour des manifestations ou des concours, mais la proximité de Janvry rendait l’occasion trop belle ! Et je tenais à soutenir l’AFLA parce que j’apprécie le travail que mène son nouveau bureau.

Ce week-end là j’ai pris des risques en m’absentant alors que des femelles étaient sur le point de mettre bas, c’est bien la première fois, et j’ai beaucoup stressé à cause de ça, moi qui met un point d’honneur à assister à quasiment toutes les naissances, et bien sûr à ne jamais m’absenter dans ces périodes… Mais les trois dernières futures mamans de la saison ont eu la correction d’attendre, et de ne pas mettre au défi leur gardienne qui n’avait jamais géré de naissance !

 

STAGE LAINE août 2019

Une super équipe pour le stage de découverte de la laine des 7 et 8 août 2019, que de bons moments !

Merci à Aurélie, Claire, Karine et Luce pour votre participation enthousiaste et pour ces échanges passionnants.

 

En route pour la saison 2020

Les naissances 2019 ne sont pas encore terminées (elles vont s’étaler jusqu’à mi-septembre) mais la saison 2020 se prépare déjà depuis le printemps, puisque les gestations durent de 11 à 12 mois (voire davantage)…

Mais rien n’est écrit d’avance : les démarrages de gestation peuvent parfois être laborieux, et une nouvelle acceptation du mâle deux ou trois mois après la première saillie n’est pas rare, ce qui rend le planning prévisionnel de naissances bien aléatoire !

Les saillies ont commencé mi-mai, tous les étalons reproducteurs sont au taquet chaque matin à la barrière de leurs paddocks, dans l’espoir d’être l’heureux élu du jour !

D’abord le petit groupe des jeunes femelles 2017 arrivées à l’âge de reproduire : Promesse, Perle, Prunelle, Phantasia et Prana.

Puis les mamans du printemps, suitées de leur cria. Elles sont présentées au mâle dans le mois qui suit la naissance, avec une vérification 8 jours, puis 14 jours après une saillie réussie, et ensuite une fois par mois pendant toute la saison, pour s’assurer de la bonne fécondation et de la tenue du début de gestation.

Pour les jeunes mâles qui découvrent leur nouveau rôle de reproducteur, dans leur année de 3 ans, ce n’est pas forcément évident d’acquérir la technique pour faire coucher la femelle, surtout quand la promise est elle-même nullipare… Odin en sait quelque chose, il a eu du mal à convaincre Prunelle 🙂

Et quand on se pose vraiment trop de questions sur la marche à suivre (n’est-ce pas Guimli ?) la solution est d’avoir un copain à côté pour montrer l’exemple :

Tonte maison

La plus grande partie des alpagas de KerLA ont, comme chaque année, été tondus fin avril par Pascal Méheust, tondeur spécialisé.

Je serais incapable comme Pascal de tondre 60 alpagas en deux jours, même avec 4 ou 5 personnes bien rodées autour de moi pour permettre une cadence rapide, mais j’ai désormais suffisamment d’expérience et de confiance en moi pour tondre et même faire les dents, ce qui donne dune souplesse très appréciable dans la gestion de la tonte.

Il n’est pas question de me passer des services d’un tondeur professionnel, mais je peux désormais m’adapter aux besoins spécifiques de certains animaux, en fonction de leur état ou de la météo : ainsi en avril j’ai exclu de la tonte 6 femelles sur le point de mettre bas, ma vieille Ada, et quelques suris pour lesquels j’hésitais entre tonte annuelle ou tous les deux ans…

Avec l’aide de mes super stagiaires du printemps Morgane et Éric et ensuite Maeva en début d’été, j’ai donc effectué les tontes complémentaires au fil des besoins : les nouvelles mamans et ma vieille Ada d’abord, puis les mâles suri que j’avais hésité à faire (mais la canicule fin juin n’était pas tenable pour eux), et aussi quelques alpagas de clients proches géographiquement, dans le cadre du suivi d’élevage…

Par exemple le beau Phoebus, qui réside avec son copain Petit Prince dans un beau parc à Mayenne :

 

Quelques nouvelles…

Dix semaines sans écrire dans la rubrique Actualités… Un record ! Le printemps et ce début d’été ont été plus que chargés, et j’ai sans cesse remis au lendemain…

La suite des naissances, pour commencer : 10 nouveaux crias ont vu le jour depuis le dernier article… Toujours une grosse majorité de femelles… Pourvu que ça dure avec les mise-bas de l’été, ce serait sympa d’avoir pour une fois une année à dominante féminine !

Hélas le destin a été cruel, car la plus jolie de ces femelles, une des plus attendues, ne m’aura enchantée de sa présence que 5 jours. Ma jolie Romance est née le 28 mai, mais s’est envolée vers d’autres prairies le 2 juin au soir… Son magnifique petit corps n’était pas fait pour vivre, sa maman Iroise le savait et me le montrait par son comportement. C’est très étrange cet instinct des animaux. J’y ai pourtant cru, naïvement, j’ai tout fait pour la sauver, elle était si adorable. J’ai eu le coeur brisé et l’envie de tout arrêter. quand elle s’est éteinte dans mes bras. Les naissances suivantes ont eu du mal à ranimer la flamme.

L’arrivée de chacun de ces crias s’accompagne d’un stress intense, mais aussi d’un bonheur indescriptible : c’est une grande satisfaction d’aider à donner la vie à un petit être que l’on soignera, que l’on éduquera, que l’on accompagnera vers son destin d’animal de compagnie – et en aucun cas d’animal de boucherie (au grand jamais je ne pourrais élever des animaux destinés à la consommation !).

Hirondelle explique aux petites Roxane et Rivana qu’on ne touche pas à son cria Rosée.

Bien sûr parfois un cria me fait vibrer davantage – parce qu’il y a un lien spécial, que la maman a une importance particulière, ou que c’est le résultat réussi d’un mariage bien choisi (objectif de tout éleveur)… Mais toutes ces petites bouilles comptent pour moi, et sont ma raison de continuer cette vie difficile et hélas parfois rude et ingrate d’agricultrice-éleveuse.

 

Premières femelles de l’année

Après le petit Rio, premier né de 2019, qui m’a causé des frayeurs à cause d’une fuite urinaire par le cordon ombilical pendant une semaine, trois petites femelles pleines d’énergie se sont invitées dans ce monde en l’espace de 10 jours :

  • la belle ROXANE, digne fille et portrait craché de sa superbe et super maman Oxane (papa Cantabria est juste là pour l’état civil, semble-t-il).
  • la craquante RIVANA, fille de Nirvana et de l’élégant Zizhou.
  • la pétillante RÉGLISSE, noire comme du charbon et très effrontée, fille d’Oasis et de Cantabria.

RÉGLISSE – née le 06/05/19

Première naissance 2019

La saison 2019 est lancée… La belle Odyssée a ouvert le bal mercredi 17 avril avec un adorable petit mâle noir, fils de mon fier Madeg de KerLA. Pour son premier bébé, Odyssée fait preuve d’un instinct maternel exemplaire, c’est une super maman.

Un mâle… j’espère que le même scénario que l’an dernier n’est pas en train de se produire : 6 mâles d’affilée avant d’avoir la première femelle 🙁

Réponse très bientôt, car plusieurs autres femelles sont sur les starting-blocks : le beau week-end qui s’annonce, allié à la pleine lune superbe de ce soir, pourrait bien les inspirer ! D’autant qu’il ne faut pas déroger à la tradition bien ancrée à KerLA : avoir un maximum de naissances le dimanche 🙂

Éducation au licol

Premier licol pour Qobra – mars 2019

Cette semaine à KerLA, c’était chaque matin séance d’éducation pour les crias mâles sevrés.

Éduquer le cria à se laisser manipuler, à accepter le licol et à marcher en longe est une étape indispensable de l’élevage. Plus cette éducation de base est faite tardivement, plus elle est difficile : l’idéal est de la pratiquer après le sevrage, entre 6 et 8 mois.

Nombre de vendeurs proposent pourtant des alpagas non manipulés, et les acquéreurs se retrouvent bien embarrassés pour mettre la main sur leurs animaux et assurer les soins nécessaires à leur bonne santé (injections, médicaments oraux, taille des onglons, examen vétérinaire, prise de sang…). Un alpaga ne doit pas être imprégné (c’est-à-dire vous coller comme un petit chien et envahir votre espace), mais l’inverse n’est pas une sinécure non plus pour le novice qui s’est laissé appâter par le petit prix d’un animal sans songer à ces « aspects secondaires »… pourtant essentiels !

Un alpaga n’est pas un jouet !

Avec le retour des beaux jours la demande pour l’achat d’animaux augmente, et le nombre d’annonces de particuliers ou d’éleveurs amateurs de petits camélidés explose sur les sites comme le Bon Coin 🙁 

Copie d’écran d’une annonce récente sur le Bon Coin

Pour la plupart ces animaux proposés à la vente à bas prix ne sont pas éduqués, sont de génétique inconnue, sans suivi sanitaire, ils sont rarement identifiés et encore moins enregistrés au SIRECAm (obligatoire pourtant). Mais surtout, ils sont souvent vendus seuls sans que le vendeur se soucie de savoir si l’acheteur a déjà des alpagas ; ou bien vendus en couple mâle/femelle, très attractif avec la perspective d’avoir rapidement un petit pour rentabiliser l’achat…

Les réseaux sociaux véhiculent des images d’adorables jeunes alpagas traités comme de petits chiens, déclenchant chez les gens l’envie de se procurer une de ces craquantes petites peluches vivantes, sans prendre le temps de bien se renseigner et de se former…

Les vendeurs irresponsables, eux, encaissent le revenu d’une vente non déclarée qui n’implique aucun conseil, aucun suivi après-vente, et aucune responsabilité morale ou juridique…

Aux éleveurs professionnels le rôle ingrat de tirer la sonnette d’alarme et d’essayer d’informer pour prévenir des problèmes graves qui peuvent survenir 🙁  Et ensuite de rattraper les choses (si c’est possible) quand les propriétaires novices, accablés, viennent leur demander des conseils et de l’aide…

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Nouveaux parcs

Ce mois de février incroyablement clément a permis aux alpagas d’inaugurer plus tôt que prévu de nouveaux parcs :

  • le parc des mise-bas, pour les futures mamans du printemps : 1/2 hectare de pâture saine bien protégée de haies, entre les écuries et la forêt. Les épaisses haies d’aubépine à l’Ouest et à l’Est ont été élaguées sur plusieurs mètres afin de dégager les talus et leurs arbres : chênes, poiriers sauvages, noisetiers et aubépines, qui vont pouvoir se développer librement… Les clôtures ont été entièrement refaites, travail de tout un hiver ! Les bébés peuvent arriver en toute sécurité 🙂

  • un nouveau parc pour les mâles, extension de leur pâture existante créée dans la grande parcelle à foin.